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Le gouvernement Trudeau muet sur le commentaire de la Maison-Blanche

Simon Clark/Agence QMI

Le gouvernement Trudeau refuse de dénoncer l’utilisation qu’a faite l’administration Trump de l’attentat dans une mosquée de Québec pour justifier sa décision controversée d'interdire l'entrée aux États-Unis de ressortissants de sept pays musulmans.

Après que le président Donald Trump eut offert ses condoléances au Canada, lundi, un porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, a déclaré que l’attaque terroriste de Québec est «un terrible rappel de la raison pour laquelle nous devons rester vigilants et pourquoi le président prend des mesures pour être proactif plutôt que réactif».

Questionné mardi matin à l’entrée de la réunion du cabinet sur ces propos, le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, s’est montré prudent.

«Moi, je pense que quand il y a une attaque vers une communauté, c’est une attaque envers chacun d’entre nous. Et hier le message qu’on avait c’était de la solidarité», a-t-il déclaré.

«Quand il y a des choses comme ça qui arrivent, les gens s’attendent de leurs leaders politiques...c’est facile de diviser. Et là, notre rôle à nous c’est de rassembler», a-t-il fini par dire.

Le secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, Andrew Leslie, a pour sa part semblé minimiser la nature du décret de l’administration Trump en matière d’immigration annoncé en fin de semaine. Il a fait valoir que le président Obama avait à l’époque présenté encore plus de décrets que son successeur.

M. Leslie s’est ainsi abstenu de dénoncer la politique du président Trump, prônant plutôt un «discours discret» comme «première étape» avec «nos voisins».

«C’est aux États-Unis de décider pour eux-mêmes. Cela rentre dans le mandat juridique du président de faire des décrets», a-t-il lancé.

Le ministre de la Famille et député de Québec, Jean-Yves Duclos, est resté silencieux sur les propos tenus par le porte-parole de la Maison-Blanche.

«Ce qui se passe aux États-Unis relève des États-Unis. Moi, je peux vous dire qu’au Canada et à Québec en particulier les gens sont très proches les uns des autres depuis quelques heures et on a un grand objectif extrêmement important de l’être encore au cours des prochains jours et semaines», a-t-il indiqué.

La députée du NPD, Hélène Laverdière, a quant à elle critiqué le lien fait par Washington.

«Très sincèrement, je ne comprends pas ce rapprochement-là. Je pense que la meilleure façon d’éviter des événements comme ce qui est arrivé à Québec, c’est de travailler au dialogue, travailler au respect et travailler à l’inclusion et non pas au contraire», a fait valoir la députée.

Un débat d’urgence a d’ailleurs lieu mardi soir aux Communes à la demande du NPD sur la politique de Donald Trump interdisant l'entrée aux États-Unis de ressortissants de certains pays.

Le NPD demande notamment que soit haussé le plafond de 1000 demandes de réfugiés parrainés de manière privée qui a déjà été atteint en moins d’un mois.

Le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Ahmed Hussen, a toutefois semblé fermer la porte à cette idée, même si le premier ministre Justin Trudeau a déclaré dans la foulée du décret du président Trump que le Canada accueillera «ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre».

Le ministre a aussi refusé de suspendre l’entente sur les pays tiers considérés comme sûrs qu’a le Canada avec les États-Unis comme le demande le NPD.

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