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Richard Henry Bain pourra contester sa peine

Michaël Nguyen | Agence QMI

ARCHIVES/L'INFORMATION DU NORD MONT-TREMBLANT/AGENCE QMI

Richard Henry Bain pourra contester sa peine pour le meurtre de la soirée électorale de 2012 à Montréal, a tranché la Cour d’appel mardi.

Bain, 66 ans, a été condamné l’automne dernier à la prison à vie, sans possibilité de libération avant 20 ans. Mais le meurtrier estime que sa peine est trop sévère, surtout si l’on compare son cas au caporal Denis Lortie.

«Le juge de première instance n’a pas pris en considération la jurisprudence de Lortie», a expliqué l’avocat Alan Guttman, qui représente Bain.

Lortie est ce militaire qui, en 1984, avait fait irruption à l’Assemblée nationale avec une arme, et qui avait tué trois personnes. Il avait écopé de la prison à vie, avec une incarcération d’au minimum 10 ans.

Bain, de son côté, avait fait feu au Métropolis, là où la chef du Parti Québécois Pauline Marois célébrait sa victoire électorale, en septembre 2012. Bain avait tiré un seul coup avant que son arme ne s’enraye, mais la balle avait été fatale pour le technicien Denis Blanchette. Le technicien Dave Courage avait quant à lui été blessé.

Après 11 jours de délibérations, le jury avait déclaré Bain coupable de meurtre non prémédité.

«La peine imposée [à Bain] est trop excessive et déraisonnable, croit Me Guttman. S’il n’y avait pas eu l’élément politique, je suis convaincu que la peine minimale à purger aurait été de 12 ans au maximum»

L’avocat de Bain a également souligné qu’à son avis, le juge de première instance avait commis des erreurs, notamment en ne tenant pas compte de l’absence d’antécédents de son client ou encore de son âge.

Contre-attaque

Quand Bain avait été condamné, la Couronne s’était dite satisfaite de la sentence, même si elle réclamait un minimum de 25 années de pénitencier, comme c’est le cas pour les meurtres prémédités.

Mais comme Bain conteste sa peine, la poursuite a fait de même en réclamant que la Cour d’appel hausse la condamnation.

«Le juge de première instance n’a pas commis d’erreurs, mais nous croyons que le juge était lié à la jurisprudence, alors que la Cour d’appel peut ne pas appliquer certains précédents», a expliqué Me Dennis Galiatsatos ce mardi.

Le procureur a également assuré que les victimes ont déjà été rencontrées, et qu’elles seront informées des développements.

«Les victimes comprennent le processus, a-t-il dit. Elles ne sont peut-être pas contentes, mais le stress n’est pas aussi élevé qu’au procès.»

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