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Alexandre Cloutier se questionne sur la position identitaire du PQ

Charles Lecavalier | Agence QMI 

Alexandre Cloutier se questionne sur la position identitaire du Parti québécois, qui repose davantage sur le «code vestimentaire» que sur la lutte à l’intégrisme.

«On est mûr pour se concentrer sur ce qui m’apparaît davantage prioritaire: la lutte contre toute forme d’extrémisme. Maintenant, il faut aussi être conscient qu’il y a une islamophobie ambiante qui est vraie au Québec, mais qui est vraie dans d’autres pays occidentaux», a lancé M. Cloutier mardi à l’entrée du caucus présessionnel de la formation souverainiste à Montréal.

M. Cloutier avait critiqué la Charte des valeurs du gouvernement Marois. Il s’en était aussi pris pendant la course à la chefferie du Parti québécois aux positions tranchées de Jean-François Lisée. L’attentat à la mosquée de Québec lui donne-t-il raison?

«À mon point de vue, le code vestimentaire, ça n’a jamais été pour moi la priorité», a-t-il dit aux journalistes.

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Durant la campagne à la direction, Jean-François Lisée proposait d'interdire le port de signes religieux apparents chez les juges, policiers et gardiens de prison. Il militait également pour qu'on suggère aux employés de l'État d'afficher la neutralité religieuse, sans toutefois l'imposer. Une fois chef, il a durci sa position: il étend l'interdiction des signes religieux aux nouvelles enseignantes et éducatrices en garderies et veut bannir le tchador de la fonction publique.

Pour Alexandre Cloutier cependant, le Parti québécois devrait plutôt «mettre l’emphase (sic) sur de réelles mesures de lutte à l’intégrisme». «J’en ai souvent parlé, par exemple des mesures de financement dans des pays étrangers, par la capacité à prêcher et à pouvoir avoir le titre d’aumônier sans aucune connaissance», a-t-il noté.

Il croit aussi que le ministère de l’Éducation devrait modifier le régime pédagogique pour faire davantage de place «aux notions du vivre-ensemble». «Il est nécessaire de se questionner là-dessus», a-t-il dit.

La directrice générale de la Fondation Raïf Badawi pour la liberté, Evelyne Abitbol, a été la cible de propos islamophobes et a répondu aux questions des médias.

«C’est impossible d’encadrer les médias sociaux. C’est un espace libre, qui est fait pour être libre, a-t-elle dit. C’est à nous de signaler quand il y a des problèmes. Je bloque des gens sans arrêt. Je les signale auprès de Google et de Facebook directement. Les propos islamophobes ou racistes, il y en a partout.»

Alexandre Cloutier lance d’ailleurs un message aux politiciens québécois – sans les nommer – qui ont eu des propos «limite». «Ce qui compte, c’est que les élus aient un discours qui soit capable de mesurer les craintes et les préoccupations légitimes, tout en assurant de dénoncer les propos limite. Je nous invite tous à revoir nos déclarations, à revoir ce que nous avons dit, écrit, relayé sur les médias sociaux. On est mûrs pour regarder dans notre miroir», a dit M. Cloutier.

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