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Le PQ très déçu par la déclaration de Sklavounos

Marc-André Gagnon | Agence QMI

Malgré sa sortie publique, le cas de Gerry Sklavounos suscite un malaise dans les rangs du gouvernement Couillard, qui préfère le laisser siéger pour l'instant en tant qu'indépendant.

L’ex-leader parlementaire adjoint du gouvernement ayant choisi d’effectuer sa première sortie publique depuis le 20 octobre dernier en pleine période des questions, jeudi matin, les libéraux ont pour la plupart préféré échapper aux microphones et caméras qui les attendaient à la sortie du Salon bleu.

«Vous savez, c’est normal qu’on soit un petit peu mal à l’aise, c’est un collègue. Maintenant, il se trouve dans cette situation, et je n’ai pas entendu sa déclaration», a déclaré la ministre Rita de Santis.

Mme de Santis, la ministre Kathleen Weil et la vice-première ministre Lise Thériault ont toutes expliqué qu’elles s’en remettaient au premier ministre. M. Couillard brillait alors par son absence au Parlement, en raison d’une annonce économique prévue au même moment du côté de Bromont.

Indépendant pour le «futur proche»

«Je vais répéter ce que j’ai dit il y a quelques jours à peine, a réagi M. Couillard après sa visite d’usine dans le comté du député nouvellement indépendant Pierre Paradis: la réintégration éventuelle de M. Sklavounos au caucus libéral n’est ni automatique, ni immédiate et ça s’applique encore aujourd’hui.»

M. Couillard a indiqué qu’il n’avait pas pris connaissance «précisément» des propos exprimés par le député de Laurier-Dorion.

«M. Sklavounos peut certainement revenir siéger comme député indépendant, a signalé M. Couillard. Ce sera son statut pour son futur proche et par la suite on aura des discussions au caucus qu’on n’aura pas en public.»

La décision du Directeur des poursuites et criminelles et pénales (DPCP) étant «finale», a noté le premier ministre, c’est essentiellement des «comportements potentiellement répréhensibles» de M. Sklavounos qui ont été rapportés dans les médias dont il sera question au caucus libéral, a expliqué M. Couillard.

Les partis d’opposition déçus

La députée caquiste Nathalie Roy a rappelé que ces allégations sur le comportement de M. Sklavounos «trainent depuis quatre mois».

«Je pense que c’est à M. Couillard de mettre ses culottes puis de prendre une décision à savoir s’il sera réintégré ou non au sein du caucus libéral», a dit Mme Roy.

La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, a accueilli très froidement la déclaration du député de Laurier-Dorion, dont elle continue de réclamer la démission.

«Non, ces discours-là, là, de vieux mononcles cochons qui se trouve drôle, tout seul, d'ailleurs, nous autres, les femmes, on sait c'est quoi. Parlez-en à vos filles, à vos soeurs, à vos mères, ça fait des décennies que ça dure, et, dans ce sens-là, non, je ne suis pas impressionnée.»

Période des questions

Mme Massé n’a pas manqué d’exprimer son malaise à l’idée d’avoir à siéger, dès la semaine prochaine, tout près de M. Sklavounos s’il effectue son retour en tant qu’indépendant.

«J'ajoute ma voix à celle de Manon pour dire que c'est un grand malaise, a ajouté le député solidaire de Mercier, Amir Khadir. Je vais lui répéter qu'il n'a pas la légitimité morale (de siéger à l’Assemblée nationale).»

Sans excuses ni regrets

Estimant qu'il n'y a eu ni excuses, ni regrets, le Parti québécois juge aussi la déclaration du député de Laurier-Dorion nettement insuffisante.

«Nous sommes très surprises et déçues aussi de voir qu'il n'y a aucun regret, qu'il n'y a aucune excuse, qu'il n'y a aucun mot fort dans cette déclaration pour reconnaître qu'il y a eu un manquement du député de Laurier-Dorion dans son comportement», a réagi la députée péquiste Carole Poirier, aux côtés de sa collègue Mireille Jean, peu de temps après la déclaration publique de M. Sklavounos.

«Lorsque le député de Laurier-Dorion nous dit qu'il est extraverti, volubile, passionné, spontané, ce n'est pas là la reconnaissance que nous nous attendions», a continué Mme Poirier.

«Il faut d'abord reconnaître certains comportements pour dire: Je vais m'améliorer dans l'avenir», a ajouté Mme Jean.

Le député de Laurier-Dorion n’avait pas encore brisé le silence, jeudi matin, que le chef péquiste se disait déjà contre le retour éventuel de M. Sklavounos.

«Moi, je pense que la population québécoise, les femmes du Québec en particulier, conviennent que Gerry Sklavounos n'est pas un exemple à donner à la société et donc, ne devrait pas être dans le caucus d'un grand parti», a dit Jean-François Lisée.

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