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Pas de réduction de services, promet François Legault

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, s’engage à n’effectuer aucune coupe de services s’il devient premier ministre en 2018.

Voilà l’un des engagements qu’il a pris durant la nouvelle émission de LCN «Cartes sur table», une formule télévisée des traditionnelles tables éditoriales, diffusée mercredi soir. Habituellement, ces tables éditoriales, dont on tire des reportages, se déroulent derrière des portes closes. Mais, cette fois, LCN a décidé d’ouvrir les portes à ses téléspectateurs.

Durant une heure, le chef de la CAQ n'a pas eu peur de mettre cartes sur table.

«Je vise une seule chose! C'est d'être premier ministre du Québec en 2018. Je veux que le Québec change», a-t-il lancé lorsque pressé de questions par Pierre Bruneau, Sophie Thibault, Paul Larocque, Mario Dumont et Luc Lavoie. François Legault affirme être revenu en politique pour que ses deux garçons soient fiers du Québec.

Le chef caquiste, dont les priorités sont l’économie et l’éducation, a critiqué la stratégie du gouvernement de réduire la dette en utilisant le Fonds des générations. Le Québec se dirige vers un surplus de plus de 2 milliards $ et 50 % de cette somme doit aller au Fonds des générations. La stratégie de M. Legault serait d’utiliser cet argent afin de réinvestir massivement en éducation et réduire les impôts, les taxes et les tarifs pour ceux qui gagnent moins de 150 000 $ par année, tout en limitant le remboursement de la dette du Québec.   

«On ouvre les vannes et puis plus tard on rembourse?» lui a demandé Sophie Thibault.

«On utilise les surplus pour l'éducation et la baisse des impôts», a répondu François Legault.

«Un gouvernement de la CAQ ne couperait pas rien dans les services?» a renchéri Paul Larocque.

«Absolument! Une garantie morale. Il n’y aura pas de compression, pas de coupure, jamais, on ne va couper dans les services», s’est engagé le chef de la CAQ. «Au contraire, il faut investir en éducation», a-t-il dit avec insistance.

Éliminer les commissions scolaires et allonger les heures de classe

François Legault garde le cap. Il maintient qu’il veut remplacer les commissions scolaires par des centres de services moins coûteux.

Le chef de la CAQ reprend aussi une promesse de l’élection de 2012 et souligne que les écoles doivent aider davantage les parents dans l’apprentissage des enfants. «Si l'école au lieu de finir à 3 h 30, 4 h 00, continuait encore une heure de plus et qu’on ajoutait l'aide aux devoirs, les parents qui courent auraient une partie du travail de fait. Il doit y avoir plus de sports et d'arts dans nos écoles», a-t-il expliqué.

M. Legault ajoute qu’on doit rendre accessible plus rapidement la maternelle 4 ans. «Quinze à 20 % ont des difficultés d’apprentissage, ils prennent du retard et éventuellement décrochent», a-t-il déploré. «Donc, il faut agir tôt, il faut avoir des maternelles 4 ans avec des spécialistes disponibles pour tous les enfants, parce que tout se joue avant 6 ans», a plaidé M. Legault.

L’attentat de Québec, un triste événement

François Legault a trouvé dur ce qui s’est passé au Centre culturel islamique de Québec où six personnes ont trouvé la mort. «Les Québécois ont toujours été accueillants. Je souhaite qu’on demeure accueillants, qu’on accepte les gens qui viennent d’ailleurs avec d’autres cultures. Il y a même des gens qui sont nés ici.»

Il reste imperturbable sur sa vision du vivre ensemble. «Il ne faut pas aussi faire d’amalgame et dire, il y a des débats qu’on doit faire au Québec pour mieux encadrer les pratiques des nouveaux arrivants. Je pense qu’il y a des Québécois qui sont inquiets de la venue de personnes qui parfois n’apprennent pas le français, parfois n’ont pas les mêmes valeurs que nous.»

Pour M. Legault, le débat aurait dû être tranché depuis 10 ans par les gouvernements Charest, Marois ou Couillard, ce qui a laissé place à une certaine forme d’extrémisme au Québec.

Legault toujours chef après 2018?

Lorsqu’il a lancé la CAQ en 2011, l’ancien propriétaire d’Air Transat et ancien ministre péquiste disait qu’il allait donner 10 ans à la Coalition. Il remet maintenant son sort entre les mains de ses militants, s'il n'est pas élu premier ministre en 2018. «Moi, je vais rester avec la CAQ peu importe ce qui arrive en 2018 à l’Assemblée nationale, pour faire avancer les choses.»

Pierre Bruneau lui a alors demandé: « Pas chef à tout prix?»

«Bien, écoutez, ce sera aux militants à choisir à ce moment-là qui ils veulent comme chef», a-t-il conclu, laissant entendre qu’il pourrait siéger comme député pour continuer à aider sa formation.

Le cabinet Legault          

En table éditoriale, le chef de la CAQ a vanté le travail du député de Lévis, François Paradis, affirmant qu’il ferait un bien meilleur ministre de la Santé que Gaétan Barrette «parce qu’il pense aux patients d’abord par rapport à un gouvernement qui pense aux médecins d’abord».

Au cours des derniers mois, le gouvernement Couillard a recruté d’anciennes grosses pointures de la CAQ: Dominique Anglade, devenue ministre de l’Économie, et Gaétan Barrette, ministre de la Santé. François Legault a qualifié ce dernier de meilleur ministre de l’équipe Couillard. «Le meilleur, c'est Gaétan Barrette! Mais il manque de patron qui l'arrête et qui choisit ses priorités, puis qui l'aide dans ses relations humaines», a-t-il dit avec un grand sourire aux lèvres.

Le chef de la deuxième opposition a accordé une note à la performance du premier ministre plus de deux ans après l’élection. «Je pense qu'il n'a pas la note de passage 40, 50 %, il n'a pas la note de passage.»

Mais il a évité de s’en attribuer une. «J'avoue, admet-il, qu'on a du travail à faire pour être l'alternative. Trente-cinq à 40 % d'appuis, il nous manque une dizaine de points pour espérer gagner», a-t-il reconnu.

Le prochain chef qui mettra cartes sur table, mercredi prochain, sera le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée.