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EXCLUSIF | Des toilettes bloquées par la direction

TVA Nouvelles

Les toilettes et les douches des centres opérationnels d’Urgences-santé ont été bloquées par la direction en réponse aux moyens de pression des employés, une décision qui surprend le syndicat.

Des planches de bois ont été placardées sur les portes des toilettes dans les centres opérationnels de LaSalle, Saint-Léonard et Laval. La direction a mis à la disposition de ses employés des toilettes chimiques, comme on retrouve sur les chantiers de construction et dans les événements extérieurs.

«Je ne comprends pas pourquoi on procède de cette façon-là», a déclaré le président du syndicat d’Urgences-santé, Réjean Leclerc, en entrevue à LCN.

Le syndicat a présenté une liste des services essentiels. Le tribunal a déterminé que le ménage dans les centres opérationnels n’en fait pas partie, parce qu’il n’a pas d’incidence sur les services à la population.

«Cet épisode-là fait partie d’un contexte plus global», explique M. Leclerc. «C’est clair qu’Urgences-santé est indisposé présentement. La grève dérange. Nous, on est dans un créneau de légalité ; notre grève est légale. On maintient le service à la population.»

Cette décision de la direction a beaucoup fait réagir les employés, a remarqué le président du syndicat, qui souligne qu’ils feront examiner l’aspect légal de ce geste dès lundi.

Une dizaine de rencontres ont eu lieu entre le syndicat et la partie patronale. Selon M. Leclerc, les négociations sont présentement «au point mort».

«On discute de toutes sortes de choses, mais dans un contexte où le gouvernement, en l’occurrence le Dr Barrette, insiste pour que la convention soit à coût nul, dit-il. C’est impossible d’évoluer dans un contexte comme celui-là.»

Les 960 employés d’Urgences-santé ont mis en place des moyens de pression il y a deux semaines. Entre autres, ils ne procèdent plus à la facturation comme auparavant et ne couvrent plus les événements culturels ou sportifs où la présence d’une équipe dédiée est demandée.

Le président syndical souligne toutefois que sur le terrain, rien n’a changé pour la population en terme de prestation de services.

«Le but, c’est de régler rapidement la convention, nos salaires, améliorer notre régime de retraite, régler la charge de travail, nos horaires, énumère Réjean Leclerc. Tous ces enjeux-là sont au coeur des discussions, qui ne mènent à rien pour l’instant. Il faut augmenter la pression.»

Un porte-parole d’Urgences-santé a indiqué à TVA Nouvelles que comme les employés de soutien sont en grève, le nombre de cadres n’est pas suffisant pour s’assurer du nettoyage adéquat des toilettes. Cette situation aurait été problématique lors d'une éventuelle inspection de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Un inspecteur de la CNESST doit d’ailleurs se rendre sur place lundi pour évaluer la situation.

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