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Pas de services de garde gratuits, tranche le ministre Leitão

Daphnée Dion-Viens | Agence QMI

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a fermé la porte à la gratuité des services de garde.

La Commission sur l’éducation à la petite enfance réclame la gratuité des services de garde au même titre que l’école, puisque leur mission éducative y est aussi importante, peut-on lire dans son rapport final rendu public mardi.

Mais le ministre Leitão n’a pas l’intention d’aller dans cette voie, du moins pour l’instant. «Je ne regarde pas ça dans ce budget-ci», a-t-il affirmé.

Le ministre a rappelé que la contribution des parents, qui est modulée en fonction du revenu familial depuis avril 2015, permet de financer à peu près 25% des coûts des services de garde subventionnés par Québec.

Pour aller de l’avant avec la gratuité, «il faudrait que ce 25% vienne de quelque part d’autre», a-t-il souligné avant d’ajouter que ce scénario ne fait pas partie de ses plans présentement.

Gratuits comme à l’école

Dans son rapport dévoilé mardi, la Commission plaide pour la gratuité des services de garde pour tous les enfants de 0 à 4 ans. «À notre sens, offrir l’égalité des chances grâce à une éducation de qualité dès le plus jeune âge est une priorité que le Québec devrait avoir comme société pour tous ses enfants, peu importe la situation économique de leurs parents», affirment le président de la commission, André Lebon, et les commissaires Martine Desjardins et Pierre Landry, dans un communiqué rendu public mardi.

De nombreuses études montrent que les services de garde de qualité sont rentables économiquement et socialement et le Québec «a les moyens d’offrir cet avantage à ses enfants», peut-on lire dans le rapport.

Des services de garde éducatifs

Les commissaires plaident par ailleurs pour une «vision éducative des services de garde», afin que les principes d’universalité, de gratuité et d’accessibilité relatifs à l’école s’appliquent aussi à la petite enfance. Ils proposent par ailleurs de regrouper les services de garde et le réseau scolaire sous la responsabilité d’un même ministre et ministère qui chapeauterait les services offerts aux enfants de 0 à 16 ans. Présentement, les services de garde relèvent du ministère de la Famille alors que le réseau scolaire relève du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

Un outil standardisé devrait aussi être utilisé afin d’établir une meilleure collaboration entre le réseau de la santé, de l’éducation et des services à l’enfance, peut-on lire.

Améliorer la qualité

La qualité des services de garde devrait par ailleurs être rehaussée pour s’assurer qu’ils remplissent leur mission éducative, selon la commission. Tout le personnel devrait détenir une formation collégiale en technique d’éducation à l’enfance et une évaluation de la qualité des services devrait être faite tous les deux ans.

La Commission suggère par ailleurs que le déploiement des groupes de maternelle 4 ans à temps plein en milieu défavorisé se fasse en complémentarité avec le réseau des services éducatifs. Plus du tiers (36%) des enfants québécois ne fréquentent pas de services de garde éducatifs.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a salué les recommandations de ce rapport, qu’elle partage en bonne partie.

- Avec la collaboration de Geneviève Lajoie

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