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Le ministre Coiteux déclenche une enquête administrative sur le SPVM

Agence QMI

Dans la foulée des révélations de notre Bureau d'enquête et de l'émission «J.E.» sur des pratiques douteuses au Service de police de la Ville de Montréal, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a annoncé vendredi qu'il déclenchait une enquête administrative sur le corps de police montréalais.

Il a précisé que la personne qui mènera cette enquête n’a pas encore été choisie et qu’elle le sera au cours des prochains jours.

Le ministre a indiqué, en conférence de presse vendredi, que depuis les révélations de «J.E.» cette semaine, «le nombre de cas sur lesquels nous devons enquêter ne cesse d’augmenter». Il s’agit de cas d’enquêtes menées de façon douteuse et potentiellement criminelle au sein du SPVM.

«Ces informations sérieuses laissent entrevoir qu'au-delà du traitement spécifique de certains dossiers, il y aurait aussi des problèmes plus systémiques concernant notamment les pratiques en matière d'enquête interne au SPVM, a expliqué M. Coiteux. Devant ces nouvelles informations, j'ai décidé de prendre des mesures supplémentaires qui permettront de traiter adéquatement tant le volet criminel que celui plus administratif de la situation.»

Concernant le volet criminel, M. Coiteux a annoncé qu'il voulait accroître les capacités de l'équipe d'enquête. D’autres corps de police municipaux, soit ceux de Longueuil, Québec et de Gatineau prêteront donc main-forte à la Sûreté du Québec qui a été mandatée pour enquêter sur le SPVM. Il a ajouté que «la Gendarmerie royale du Canada (GRC) augmentera sa participation et des enquêteurs seront désignés pour faire partie de l'équipe d'enquête».

En plus de l’arrivée de nouveaux corps policiers dans l’enquête, le ministre a demandé à la dirigeante du BEI, Me Madeleine Giauque, d'assurer la cogestion de l’enquête avec la SQ.

Mardi soir, l'émission «J.E.» avait levé le voile sur des pratiques douteuses au sein du SPVM alors que d’ex-policiers ont accusé le corps policier de fabriquer de la preuve afin de faire taire ses employés. La section des Affaires internes du SPVM a été particulièrement visée.

Au lendemain de la diffusion, le Parti québécois et la Coalition avenir Québec avaient demandé à ce que le dossier soit confié au Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), mais le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, avait refusé d’accéder à cette demande, confiant plutôt l’enquête à la Sûreté du Québec.

Vendredi, le ministre a aussi annoncé qu’il demandera au chef de la police montréalaise, Philippe Pichet, de lui soumettre un rapport sur ce qu'il entend faire pour remédier à la situation qui secoue son service.

Philippe Pichet collaborera pleinement

En réaction à cette annonce, le directeur du SPVM, Philippe Pichet, a offert sa pleine collaboration au ministre et aux enquêteurs.

«En fait, j’accueille très positivement les mesures que M. Coiteux a annoncées, a-t-il dit en entrevue à TVA Nouvelles. Depuis le début je demande qu’on fasse la lumière là-dessus. Je veux qu’on élimine les zones grises. Pour moi, c’est vraiment important. C’est ce que je martèle depuis le début. »

De son côté, le maire Denis Coderre a réitéré sa confiance envers M. Pichet.

«Dès le début, il a posé des gestes de changements structurels, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse tenue après celle du ministre Coiteux. Et il y a eu des choses qui sont sorties par la suite. Alors il est tout à fait normal qu’à moins que nous ayons des faits contraires, on va lui donner toute notre confiance. [...] Pour moi, tout ce qui se fait jusqu’à présent est cohérent. Quand on aura des résultats de tout ça, il y aura des gestes qui seront posés.»

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