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Étude

EXCLUSIF | Le Québec peine à retenir ses étudiants étrangers

Marie-Laurence Delainey | TVA Nouvelles 

Le Québec est la pire province du pays pour garder ses étudiants internationaux, qui sont pourtant essentiels à l'économie, a appris TVA Nouvelles. Une étude révèle que les étudiants immigrants sont trop nombreux à quitter la province à la fin de leurs études.

Selon le document de l'Institut du Québec, en 2015, 42 150 étudiants étrangers ont été accueillis au Québec. C'est plus du double qu'en 2000. Cela représente un taux de croissance de 181 %, mais c'est le plus faible du pays. En comparaison, la Colombie-Britannique, l'Île-du-Prince-Édouard et l'Ontario ont connu des taux de croissance respectifs de 893 % , 624 % et 540 %.

«Au lieu d'être les premiers comme on était avant, on est les derniers. Il faut vraiment se mobiliser», affirme la directrice de l'Institut du Québec, Mia Homsy.

Le Québec, rappelle Mme Homsy, a un énorme besoin de main-d'oeuvre et les étudiants internationaux sont ceux qui rapportent le plus à l'économie. «Ce sont les meilleurs immigrants pour la principale raison qu'ils ont un diplôme décerné par les universités québécoises. Donc les employeurs reconnaissent la valeur, la qualité de leur formation. Ce qui n'est pas le cas avec les immigrants souvent qui ont des diplômes décernés à l'étranger», explique-t-elle.

L'Institut du Québec propose six solutions, notamment, des stages d'intégration pendant les études et aussi une stratégie nationale. «Pour permettre de déterminer quelles sont les cibles. C'est quoi les objectifs et comment on va le faire? Chaque université, chaque collège devrait se dire, moi, mon objectif c'est d'en attirer combien, sur combien d'années, et quelles sont les actions que je vais prendre pour y arriver», ajoute Mme Homsy.

Montréal international connaît bien l'enjeu. Selon l'organisme, bon an mal an, 50 % des étudiants disent vouloir rester à Montréal. En 2015, c'est seulement 25 % qui ont finalement choisi de rester. Un site internet, www.jechoisismontreal.com, a d'ailleurs été mis en ligne. «On est sur le terrain, sur le campus. Avec ce site, on veut créer des événements pour permettre aux étudiants de rencontrer des futurs employeurs», de dire le vice-président talents internationaux de Montréal international, Martin Goulet.

Pour l'Institut du Québec, il s’agit d’un pas dans la bonne direction, mais il faut faire plus. Mia Homsy cite en exemple la Colombie-Britannique, mais aussi l'Australie qui investit beaucoup en éducation internationale. Considérée comme un segment important de l’économie australienne, le créneau des étudiants internationaux occupe le troisième rang en termes de revenus d’exportation après le minerai de fer et le charbon.

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