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Considéré illégal par le SPVM, un tournoi de jiu-jitsu annulé

TVA Nouvelles

Le Championnat canadien de jiu-jitsu brésilien qui devait se tenir au Centre Pierre-Charbonneau à Montréal dimanche a dû être reporté à la suite d’un avertissement émis par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Le tournoi est considéré comme étant illégal par les autorités montréalaises et les organisateurs ainsi que les participants risquaient d’être arrêtés s’ils y prenaient part.

Plus de 240 participants devaient y participer, plusieurs provenant de l’international. Ce n’est que vendredi soir que les organisateurs ont été avertis des risques légaux liés à l’évènement.

«Je suis consterné, mais aussi toute la communauté», a déclaré d’entrée de jeu Danny An Khoi Vu, combattant de jiu-jitsu, en entrevue à l’émission «Le 9h» sur les ondes de LCN.

«Le SPVM nous appelle à 6h vendredi soir avant le tournoi et on nous dit que si on fait le tournoi, ça entrera en contravention avec le l'article 83 du Code criminel canadien.

Ils nous ont dit : ''On va être là, on va arrêter les gens puis on va les amener en cour''», explique M. Vu. Le combattant et organisateur dit avoir été surpris et confus à la suite de cet avertissement. L’article 83 du Code criminel interdit les combats concertés. Il s’agit de combats qui se déroulent avec les poings, les mains ou les pieds entre personnes qui se sont rencontrées à cette fin par arrangement préalable conclu par elles ou pour elles.

Sauf que dans le jiu-jitsu, il n’y a aucun coup porté lors des combats. «Je pense qu’il y a eu une confusion. Ils ont dû confondre le jiu-jitsu japonais, où il y a des coups de poing, et le jiu-jitsu brésilien, où il n’y en a pas.»

Au Canada, seuls les sports de combat reconnus par le Comité international olympique (CIO) sont autorisés lors de compétitions.

«Les gens du SPVM ont été très professionnels, très courtois et ont donné des indications claires. Quand je leur ai dit ''regardez, le jiu-jitsu brésilien, il n’y a pas de coups de poing, c’est vraiment comme le judo, c’est très sécuritaire, il y a des enfants qui le pratiquent''».

Selon M. Vu, plusieurs tournois du genre se déroulent chaque année dans la métropole, et le tournoi qui a dû être reporté en était à sa 9e édition.

Pour l’organisateur, cette menace brandie par le SPVM l’a forcé à tout reporter.

Il était très difficile pour l’organisation de faire des représentations et d’expliquer leur point de vue à seulement quelques heures de délai. D’où vient la plainte et pourquoi a-t-on voulu nuire à cette organisation? Difficile de le savoir pour le moment, confirme M. Vu.

Une chose est sûre, les responsables n’ont pas voulu prendre de risques et voir des participants se faire arrêter même si cette menace «est complètement loufoque», assure M. Vu.

«Seulement la possibilité de se faire arrêter, même si ça n’a pas d’allure, on ne peut pas prendre ce risque-là pour les participants», précise le combattant. Danny An Khoi Vu compte maintenant déménager le tournoi sur un territoire qui n’est pas régit pas le SPVM. «On va regarder d’autres alternatives, et c’est sûr qu’on va faire des représentations légales.»