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Le parcours des enveloppes jusqu’au nom des gagnants

TVA Nouvelles

Les présentateurs Warren Beatty et Faye Dunaway ont commis une bourde, hier soir lors de la cérémonie des Oscars, en annonçant que «La La Land» remportait le prix du meilleur film au lieu de «Moonlight».

Ce type de cafouillage, plutôt rarissime, a mis dans l’embarras le cabinet d'audit chargé de la remise des trophées, qui a d’ailleurs présenté aujourd’hui ses excuses pour cette erreur «historique».

Bernard Grandmont, associé certification chez Raymond Chabot Grant Thornton, a donné sa version de ce qui a pu survenir sur la scène du Dolby Theatre, même si sa firme n’était nullement impliquée dans la traditionnelle remise des prix du cinéma.

«Le principe fondamental est qu’il faut garder le contrôle sur les enveloppes dans lesquelles les noms des gagnants ont été inclus à partir du moment où, comme dans le cas des Oscars, le carton est inséré dans l’enveloppe. À partir de là, ça devient sous le contrôle absolu des auditeurs», a-t-il relaté en entrevue à LCN.

«En général, il n’y a que deux personnes qui gardent les enveloppes jusqu’au moment de l’événement», souligne M. Grandmont, qui précise cependant ne pas connaître la procédure en détail suivie par les organisateurs des Oscars.

M. Grandmont a toutefois l’habitude de ce type de scénario, car il œuvre dans plusieurs galas chez nous, de même que pour des émissions populaires comme «La Voix» et «Le Banquier».

«Il y a avait deux sets d’enveloppe, hier soir, j’imagine que c’est en raison de la configuration de la salle et des difficultés à circuler dans l’arrière-scène. Il y a donc deux personnes qui ont les mêmes enveloppes pour chacun des gagnants. Or, ce qui est arrivé, c’est que la personne qui a remis l’enveloppe a remis celle du gagnant précédant.»

Cette enveloppe aurait vraisemblablement dû être détruite dès la remise du prix lié à l’autre enveloppe contenant la même information. «Je pense que le processus était adéquat de la part de la firme qui a fait les vérifications, mais c’est une erreur humaine, une erreur de distraction qui s’est passée de toute évidence», estime-t-il.

Lorsqu’un événement semblable se déroule au Québec, poursuit M. Grandmont, «il y a des gens de notre cabinet qui remettent [l’enveloppe] au présentateur ou à l’hôtesse et on garde le contrôle sur l’enveloppe jusqu’à ce que le présentateur l’ait dans les mains». Tout ça pour éviter justement tout risque d’erreur.

Car, pour une firme comme Raymond Chabot Grant Thornton, ce genre de gaffe est «la plus grande hantise», confie M. Grandmont, d’autant plus que l’auditoire des Oscars atteint des sommets.

Évidemment, les firmes recherchent une visibilité positive lorsqu’elles collaborent à de grands événements comme celui des Oscars. Pour la 89e cérémonie, disons que c’est plutôt raté...

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