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Un artiste québécois copié en Asie

TVA Nouvelles

Vincent Cordo a mis une dizaine d’années à développer son style particulier.

Pourtant, le peintre québécois a eu récemment une mauvaise surprise. Des toiles reproduites en Asie puis vendues dans des magasins au Québec étaient en réalité des contrefaçons de son propre travail de création. Il a raconté son expérience à l’animateur Denis Lévesque, à LCN.

«En Asie, leur système est simple: ces gens possèdent une technique pour prendre les tableaux directement sur le site Internet des galeries d’art, avec le titre, le format, de même que le médium utilisé. Ils vont se créer une page web et les gens peuvent communiquer avec eux via Internet directement en Chine pour commander un tableau.

«Par exemple, un Cordo 40 par 60 qui se détaille 3300$ dans une galerie sur le marché canadien, en Chine, vous allez peut-être payer 175$.» Évidemment, l’artiste ne touche pas un sou pour les ventes réalisées de cette façon partout dans le monde.

«Les techniciens qui m’ont copié, et bien leur travail n’était pas de très grande qualité, note-t-il. Quelqu’un qui possède un Cordo peut tout de suite voir le leurre.»

Le peintre a d’ailleurs présenté à Denis Lévesque des photos sur lesquelles on peut voir des artistes à l’œuvre dans des ateliers en Asie en train de copier diverses toiles de valeur.

Après avoir constaté qu’il était victime de contrefaçon au Québec, Cordo a entrepris des démarches et obtenu le retrait des toiles de commerces qui y sont vendues. De nombreux clients connaisseurs de ses œuvres l’ont aidé à mesurer l’ampleur de l’arnaque.

«Le problème, ce ne sont pas les magasins, car eux ne savent pas si l’artiste est décédé ou non ni s’il a consenti ou pas, explique Cordo. Le problème, c’est le distributeur qui achète les œuvres en Chine et qui les ramène ici.»

L’artiste avait déjà été copié au Québec, à une seule reprise, mais la situation s’était réglée rapidement après le dépôt d’une mise en demeure.

«C’est aussi arrivé en Floride, à Fort Lauderdale. La galerie MX, qui me représente, s’est rendu compte qu’il y avait un leurre à trois coins de rue de la galerie où je suis installé. Un artiste copiait directement l’une de mes œuvres. C’est le danger d’être connu.

Il y a quelques années, en France, Cordo avait déjà été mis en garde contre le risque de voir ses œuvres plagiées. «On me disait de faire très attention, de modifier mon style tout en gardant ma carte de visite parce que les gens vont essayer de vous imiter. Le succès est attirant et malheureusement [la contrefaçon] en est peut-être un aspect négatif», relate-t-il.

Cordo a accepté de participer à l’émission de Denis Lévesque pour une raison bien simple. «Mon but, c’est de donner des moyens aux gens pour qu’il ne leur arrive pas ce qui m’est arrivé», admet-il, en mentionnant quelques trucs utiles pour éviter certains pièges.

«Ici au Québec, il nous manque d’outils, ce serait bien si le gouvernement pouvait développer un système du genre Régie du logement pour aider l’artiste», avance-t-il.

Même si son succès d'artiste est indéniable, Cordo pense à ses nombreux amis et connaissances qui oeuvrent dans ce domaine et qui n'ont pas la même chance que lui, sur le plan financier. Il espère que le système évoluera pour permettre au maximum d'artistes de mieux gagner leur vie en limitant au minimum les impacts de la contrefaçon.