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Un «bon manipulateur» prêt à tout, accuse un ancien collègue

TVA Nouvelles

Bertrand Charest, cet ex-entraîneur de ski alpin accusé d’agressions à caractère sexuel sur plusieurs adolescentes, aurait tout fait pour se rendre où il était et cacher les gestes qui lui sont reprochés, allègue un ancien collègue.

M. Charest a été arrêté en mars 2015 après la dénonciation de victimes présumées et fait face à 57 chefs d’accusation à caractère sexuel. Son procès devait débuter ce lundi au palais de justice de Saint-Jérôme, mais les premiers témoignages seront finalement entendus jeudi. L’accusé a changé d’avocats, qui ont demandé davantage de temps pour préparer leur défense. Jacky-Eric Salvant et Antonio Cabral ont donc obtenu l’aval du tribunal.
 

«Je pense que M. Charest est un bon manipulateur et qu’il a réussi à faire son chemin jusque-là en trompant tout le monde autour de lui», estime Germain Barrette, un autre ancien entraîneur chez Canada Alpin, qui travaillait pour sa part avec les hommes.

«C’est un entraîneur qui, pour réussir à se rendre à l’équipe canadienne ou s’améliorer dans le niveau des entraîneurs, aurait pris tous les chemins, estime M. Barrette. Il disait beaucoup de médisance sur tous les collègues de travail, dont moi, entre autres. Il disait toutes sortes de choses pour réussir à devenir entraîneur dans l’équipe.»

M. Charest a été arrêté en mars 2015 et est détenu depuis. En juin 2015, à sa deuxième tentative pour être libéré en attendant son procès, la juge a refusé d'acquiescer à sa demande, prétextant que «sa libération minerait la confiance du public envers l'administration de la justice».

D’autres collègues et lui-même avaient d’ailleurs signalé son comportement.

«On avait identifié cette personne-là, on l’avait dit à la haute direction : c’est une personne qui était dangereuse et qui ne devrait pas faire partie de l’équipe canadienne», raconte-t-il.

Charest était entraîneur pour des équipes provinciales de ski alpin dans les années 90. Il a été nommé sur l'équipe junior féminine canadienne en 1998. Selon Germain Barrette, l’équipe d’entraîneurs soupçonnait une partie des faits qui lui sont reprochés.

«Ce qu’on savait, c’était qu’il avait une relation entraîneur/coureur, comme ça arrive un peu partout. Encore aujourd’hui, il y a des entraîneurs qui sont toujours avec leur conjointe, qui étaient des coureuses à l’époque. Par la suite, il y avait des rumeurs qui circulaient. On avait un nuage au-dessus de la tête, comme quoi il y avait plus d’une personne impliquée dans l’affaire.»

Même s’il travaillait principalement avec l’équipe masculine, l’ex-entraîneur dit avoir constaté qu’il y avait un climat «un peu malsain» chez les filles.

«De notre côté, tout allait bien, il n’y avait pas de problème, mais de leur côté, je pense que c’était un peu différent», relate M. Barrette.

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