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Couillard n’écarte pas la mise en tutelle du SPVM

Alain Laforest | TVA Nouvelles

Le premier ministre Philippe Couillard a réitéré sa confiance envers le chef de la police de Montréal, Philippe Pichet, mais sans exclure la possibilité d’une mise en tutelle du SPVM, lors de son passage à l’émission «Cartes sur table», de LCN, diffusée mercredi soir.

Il s’agit d’un appui lourd de sens pour M. Pichet, puisque le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, refuse de l’appuyer publiquement, depuis les révélations de l’émission «J.E.» concernant des pratiques douteuses dans la section des affaires internes du corps de police.

«Avez-vous toujours confiance au chef de police ?» lui a demandé l’animatrice Sophie Thibault.

«Actuellement, rien ne m'indique, et M. Coiteux m'en parle régulièrement, qu'il faille lui retirer notre confiance», a soutenu le premier ministre.

Mais, du même souffle, M. Couillard n’a pas hésité à ajouter que le Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) pourrait être mis en tutelle. «On n'écarte pas cette possibilité, a-t-il dit. Mais la première étape c'est de faire une enquête approfondie, fouillée, indépendante. Après avoir reçu les conclusions, on verra s'il y a d'autres actions qui sont nécessaires.»

Il a insisté pour dire qu’il s’agissait d’un enjeu très sérieux pour la société québécoise et qu’il ne fallait pas prendre cette affaire à la légère.

«Il faut une réaction à la fois ferme, ordonnée, proportionnelle et des enquêtes pas bâclées», a précisé M. Couillard.

Les conclusions des rapports seront publiques, sauf ce qui pourrait nuire à des enquêtes judiciaires, s'est-il engagé.

Neutralité religieuse

Pendant l’émission, le premier ministre s’est emporté lorsqu’on lui a demandé s’il était responsable du changement de ton à l’Assemblée nationale à la suite de l’attentat de Québec. Dans les jours qui ont suivi l’attentat, qui a fait six morts, tout laissait croire qu’il pourrait y avoir un consensus entre les partis autour des conclusions du rapport Bouchard-Taylor.

Avez-vous été le premier à ouvrir le feu, à nourrir cette chicane ? lui a demandé l’animateur Paul Larocque.

«Quoi !» s’est emporté Philippe Couillard, le feu dans les yeux.

«Moi qui suis à la défense des droits et libertés depuis le début. Je n'accepte pas ça! On est tout à fait capable de discuter, mais si on veut légiférer qu'on le fasse pour des enjeux réels et qu'on le fasse sur des enjeux où l'on s'entend tous», a-t-il martelé.

«La solution aux défis posés par la diversité — qui ne va pas aller en diminuant au Québec au cours des prochaines années —, c’est l’inclusion, l’ouverture, l’accès à l’emploi. Pas l’exclusion, la fermeture et le rejet de l’accès à l’emploi pour les gens», a-t-il expliqué.

«C’est très facile, a-t-il encore ajouté, de mettre sur la table les droits et les libertés des autres. Le devoir d’un gouvernement, d’une formation politique, c’est de veiller à la protection des droits pour tout le monde et, surtout, de veiller à avoir la meilleure réponse possible aux défis que pose la diversité pour notre société.»

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