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En rafale avec Philippe Couillard

Dans le cadre de l'émission politique «Cartes sur table», le premier ministre Philippe Couillard a été questionné par nos journalistes et analystes. Voyez ses réponses captées sur le vif.

Pierre Bruneau : Supposons que nous sommes samedi et que vous êtes malade, vous vous présentez à l’urgence ou dans une clinique, une super-clinique ?

PC : Ça dépend... Si je pense que si je fais un infarctus, je vais essayer d’aller à l’hôpital le plus vite possible (...) mais, si possible, je vais essayer d’aller à la super-clinique. La grande majorité des problèmes d’urgence des gens, ce ne sont pas des problèmes qui nécessitent l’hôpital de haute technologie. Ce sont des problèmes de base. Par exemple, récemment, comme d’autres, j’ai eu de la toux et de la température. Tout ce que je voulais savoir, c’est : est-ce que j’ai une pneumonie ou non. Tout ce que je veux, c’est avoir une radiographie des poumons. Je ne veux pas aller à l’urgence...

Véronique Prince : J’ai une question de la part des gens de Roberval. Vous demeurez maintenant à Saint-Félicien. Est-ce que vous vous considérez comme un vrai Bleuet ?

PC : Vous savez quoi : chez nous, on appelle ça un Bleuet blanc. Ma femme Suzanne, elle, est un vrai Bleuet ; elle est née à Roberval. Les gens sont très gentils, très accueillants, mais, moi, je suis un Bleuet blanc, un Bleuet par alliance.

Paul Larocque : On m’a délégué pour vous poser la question la plus mordante de la journée. Vous êtes un amateur de pêche. Votre plus belle prise cette année, c’était quoi ?

PC : J’ai pris des saumons d’à peu près une douzaine de livres l’été dernier ; c’est quand même bien. (...) J’ai déjà hâte à l’été prochain.

Luc Lavoie : Vous avez la double citoyenneté, canadienne et française. Pour qui allez-vous voter aux présidentielles (françaises) ?

PC : Je ne voterai pas. Je l’ai dit d’ailleurs à mes visiteurs français. Un, parce que je dirige un gouvernement au Québec ; deuxièmement, parce que je n’utilise pas de services publics français ; et troisièmement, parce que je ne suis pas vraiment l’actualité (française) et je veux m’en tenir loin. Si je posais le geste de voter, ça aurait une signification autre que pour les autres personnes au Québec qui détiennent cette citoyenneté. Cependant je veux ajouter que, dans mon patrimoine personnel, cette citoyenneté est de la plus grande importance, jamais je n’y renoncerai.

Sophie Thibault : M. Couillard, vous avez été neurochirurgien, vous êtes aujourd’hui premier ministre (...). Quel emploi est le plus gratifiant pour vous ?

PC : Les deux. Quand vous êtes médecin ou que vous soignez des gens très, très malades – et j’ai rencontré des gens au cours de l’été, et ça me touche beaucoup, des gens à qui j’ai sauvé la vie (...) c’est intensément satisfaisant (...). Dans l’autre profession, on s’occupe de l’ensemble d’une population, de l’ensemble d’une société. C’est deux niveaux de satisfaction, les deux se valent, et, pour moi, ce sont deux intensités également qui se valent.

Pierre Bruneau : Sam Hamad a-t-il une chance sur 100 de revenir comme ministre dans votre cabinet ?

PC : Je vais vous dire encore une fois ce que j’ai déjà dit : Sam est une partie importante de notre caucus. Il connaît très bien la réalité socioéconomique de Québec et il est très apprécié pour cela. Mais je ne discute jamais publiquement des certitudes et des incertitudes quant à formation du Conseil des ministres.

Véronique Prince : Est-ce que Robert Poëti a une chance sur 100 de revenir comme ministre ?

PC : M. Poëti est une personne de grande qualité, qui vient d’ailleurs de faire un rapport sur l’accès des jeunes entreprises aux marchés publics, ce qui n’est pas un détail, c’est très important... et, comme vous le savez, je ne discute jamais publiquement (des nominations au Conseil des ministres).

Luc Lavoie : S’il y a une erreur que vous avez commise, ce serait laquelle et comment aimeriez la corriger ?

PC : C’est difficile de répondre à cette question. Tout ce qu’on a fait, il fallait le faire. Est-ce qu’il aurait fallu mieux expliquer ? Possiblement. Et aller montrer sur le terrain pourquoi on fait les choses. C’est ce qu’on fait maintenant. (...) Ce qu’on a fait depuis 2014, c’est ce qu’on a dit qu’on ferait et c’est ce qu’il fallait faire pour le Québec. Maintenant, ce qui est important, c’est de ne spas perdre le fil, de continuer. Je ne ferai par l’erreur, moi, de changer d’opinion et de changer de direction. On est dans une direction de stabilité, de fermeté. On va continuer comme ça. (...)

Pierre Bruneau : Si vous aviez une chose que vous voudriez refaire, alors ?

PC : Je ne répondrai pas plus à ça. Je vais vous laisser faire vos analyses.

Sophie Thibault : Qui est votre adversaire politique le plus coriace ? Jean-François Lisée, François Legault ou Manon Massé ?

PC : Moi-même. (...) Je suis très impitoyable envers moi-même. Est-ce que je suis en lien avec les valeurs que je défends ? Avec les principes pour lesquels je suis venu en politique ? Est-ce que ce qu’on fait est dans l’intérêt public ? Je suis constamment en examen là-dessus. J’ai pris la décision quand je suis revenu en politique de ne pas gouverner en fonction de mes adversaires, de gouverner pour ce en quoi je crois et ce en quoi je crois nécessaire pour le Québec. Et mes adversaires ne se gêneront pas pour dire ce qu’eux veulent faire, d’ailleurs ils l’ont fait au tour de cette table, et les gens pourront juger.

Paul Larocque : En cinq secondes, complétez la phrase. Le président Donald Trump est un...

PC : ...homme d’affaires.

Pierre Bruneau : Si vous aviez une chose à lui dire à Donald Trump ?

PC : On veut garder le marché ouvert et le bois d’œuvre, comme c’est là.

Véronique Prince : Qui est le plus fort selon vous : Régis Labeaume ou Denis Coderre ?

PC : Ce sont les deux côtés du même haltère. Ils sont très forts. Ce sont deux leaders très forts, très vigoureux. Je les aime tous les deux ; ce sont deux personnalités différentes.

Luc Lavoie : On vous voit toujours comme un homme très sérieux. Quand vous lâchez votre fou, vous faites quoi ?

PC : Je rigole avec mes enfants, avec mes amis. Je lis beaucoup. Je ne suis pas d’un naturel exubérant. Je pense que ce n’est pas difficile à décoder. Les gens qui me connaissent un peu le savent. Le plus possible, j’essaie d’aller ailleurs que dans la politique. Quand je lis le soir, je lis autre chose que la politique. Je ne lis pas mes dossiers, je les lis pendant la journée et j’ai mes discussions au bureau.

Pierre Bruneau : Qu’est-ce que c’est votre dernier roman ?

PC : Actuellement, je suis en train de lire sur l’amitié entre Georges Clemenceau (le premier ministre français) et Monet (le peintre).

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