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Charest était amoureux de deux skieuses

TVA Nouvelles

Une deuxième présumée victime de l’entraîneur de ski Bertrand Charest, accusé de 57 chefs d'agressions sexuelles sur des adolescentes, l’a décrit comme un maître de la manipulation lors de la deuxième journée de son procès.

La femme a eu de la difficulté à livrer son témoignage, au palais de justice de Saint-Jérôme: elle avait la voix tremblante et a dû s’interrompre parce qu’elle s’effondrait en pleurs.

«Il m’a enlevé l’amour que j’avais pour le sport, pour le ski. Il jouait dans ma tête», a-t-elle déclaré pendant son témoignage.

Elle a rencontré l’entraineur en 1996, alors qu’elle n’avait que 15 ans. La présumée victime a raconté que l’homme était tout de suite allé la voir pour lui dire qu’elle n’aurait jamais de petit copain si elle voulait avoir du succès.

Par la suite, a-t-elle déclaré, il lui disait parfois des compliments, par exemple qu’elle était belle en bikini, ou lui touchait les seins et les fesses. Parfois, elle vivait la situation complètement inverse : Charest ne lui donnait aucune attention pendant des semaines, voire des mois, la traitait de grosse et l’insultait.

Son témoignage était davantage axé sur l’aspect psychologique que sur les agressions sexuelles qui sont reprochées à l’ex-entraîneur de ski. En contre-interrogatoire, elle a indiqué que Charest ne l’a jamais violée, mais qu’elle l’aurait presque souhaité, «parce que j’aurais eu quelque chose pour le dénoncer».

Elle est aussi revenue sur ce que les autres victimes auraient subi. L'entraîneur, aujourd’hui âgé de 51 ans, interdisait notamment à ses athlètes d'avoir des amoureux.

Une troisième victime alléguée a également livré son témoignage. Cette dernière a mentionné que Bertrand Charest lui aurait baissé les pantalons, touché les seins et les fesses, et que ces gestes semblaient toujours accidentels. Il lui aurait fait des attouchements fréquents, jugés déplacés.

Révélations troublantes

Par ailleurs, l'accusé a fait des révélations troublantes à propos de sa relation avec certaines de ses skieuses, lors d'un interrogatoire mené par la police.

Jamais, a-t-il affirmé aux policiers, il n'aurait touché une fille sans son consentement. Charest a toutefois admis être tombé en amour avec deux jeunes skieuses. Il savait que c'était mal, mais a assuré que c'était monnaie courante dans le milieu sportif.

«Si vous mettez trois coachs avec 15 filles... c'est sûr qu'il peut arriver des histoires. Il se peut qu'il y ait des amours», a-t-il confié aux enquêteurs.

L'accusé a nié certains gestes et a refusé de répondre quand les enquêteurs l'ont questionné sur des relations sexuelles qui se seraient produites en avion, dans une voiture, des toilettes et des boisés.

«Il n'y a pas vraiment d'aveux dans la vidéo. C'est une vidéo d'une personne qui se sent, comme je vous dirais, troublée par son arrestation.».

-D'après les informations de Kariane Bourassa

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