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Les pourvoyeurs «en colère» contre le ministère

TVA Nouvelles

Plusieurs pourvoyeurs dénoncent l’interdiction d’utiliser des poissons-appâts vivants en période hivernale, une mesure adoptée pour lutter contre la propagation de la carpe asiatique dans les cours d’eau québécois.

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Cette nouvelle mesure du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs entre en vigueur le 1er avril et touchera donc les activités de pêche blanche lors de la saison 2017-2018.

«C’est l’appât de prédilection, a expliqué Stéphane Marin, directeur général de l'Aire faunique communautaire du lac Saint-Pierre, en entrevue à LCN samedi. Il n’y a rien de comparable à ça, que ce soit des ménés morts ou des leurres artificiels. Il y a eu des études et c’est démontré qu’il n’y a pas d’efficacité avec des poissons-appâts morts pour la pêche sur glace.»

Avec cette règlementation, l’industrie de la pêche hivernale est «en colère, débitée, triste et découragée», constate M. Marin.

«Il y en a qui parlent carrément de fermer les portes l’hiver prochain. L’apport économique des poissons-appâts, c’est important dans leur industrie. Oui, il y a la location de cabines, mais pour les poissons-appâts, on parle de millions de dollars par année en ventes.»

Il fait remarquer que certains centres de pêche utilisent de «200 à 300 gallons de ménés par hiver », pour un prix variant entre 50 et 60 $ par gallon.

Fausse route

Selon lui, le ministère fait fausse route en bannissant l’utilisation des poissons-appâts vivants pour contrer la propagation de l’espèce envahissante.

«[Les appâts] sont capturés dans le couloir du Saint-Laurent, et ils sont utilisés là. Il n’y a pas de transport qui peut s’effectuer», estime-t-il.

Comme la carpe asiatique grossit rapidement, les pêcheurs sont en mesure de l’identifier et de ne pas l’utiliser comme appât, croit-il.

Et si des pêcheurs abandonnent leur sport en raison des nouvelles normes, le ministère serait perdant, au final, croit M. Marin : «En étant sur le terrain, on est les yeux du ministère pour voir justement s’il y a propagation.»

Une réunion aura lieu mercredi à Contrecoeur entre des acteurs de ce secteur pour discuter du sujet.

Pétition à l’Assemblée nationale

Une pétition sur l’utilisation des poissons-appâts a été mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale du Québec (Maintien de la règlementation relative à l'usage des poissons-appâts pour la pêche sportive en été). C’est le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy, qui la déposera en chambre.

Samedi matin, seulement 130 personnes l’avaient signée. Les citoyens ont jusqu’au 24 mars pour y inscrire leur nom.

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