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Le Bloc et le NPD unis contre le projet d'aérodrome de Mascouche

Dominique La Haye | Agence QMI

archives, TVA Nouvelles

Le Bloc québécois et le NPD unissent leur voix contre le projet de construction d’un aérodrome privé à Mascouche et exhortent le fédéral à faire volte-face dans ce dossier.

Le député bloquiste Luc Thériault et la députée néo-démocrate Ruth Ellen Brosseau se sont ralliés à l’initiative d’un citoyen, mardi, à Ottawa, pour lancer une pétition demandant au gouvernement Trudeau de revenir sur sa décision et de bloquer la construction de cet aérodrome.

La députée néo-démocrate a aussi annoncé qu’elle déposera un projet de loi privé, mercredi, aux Communes, demandant au ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, d’amender la loi fédérale «afin que tout projet d’aérodrome au Québec soit soumis à la procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement au Québec et que le processus de consultation soit transparent et indépendant des promoteurs».

M. Thériault fait valoir que tant l’Assemblée nationale que les intervenants locaux se sont prononcés contre l’implantation de ce type d’aérodrome.

«Le ministre a pris des décisions sur des demi-vérités. En fait, ce projet-là ne passe pas le test du développement durable. Il n’y a pas d’acceptabilité sociale, les retombées économiques ne seront pas au rendez-vous et 19 hectares de coupes à blanc, imaginez-vous, c’est ça qu’on vient de sacrifier», a lancé le député bloquiste.

Le maire de Mascouche est parmi les opposants au projet d’aérodrome.

«Nous allons multiplier les efforts pour s’assurer qu’on rectifie le tir et on continue de se battre pour s’assurer qu’on a un meilleur processus, mais aussi que dans les futurs projets, il y ait plus d’acceptabilité sociale, qu’on protège l’environnement, qu’on tienne compte des lois au Québec et aussi au municipal», a renchéri la députée néo-démocrate.

Le projet de construction de l’aérodrome de Mascouche est présentement devant les tribunaux. Le mois dernier, la Cour supérieure du Canada avait donné gain de cause aux promoteurs de l’aérodrome. La cause a depuis été portée en appel.

Le ministre Garneau a pour sa part soutenu que la question des aérodromes est de compétence fédérale, mais qu’il avait ainsi émis un arrêté ministériel en mars 2016 pour qu’il y ait un processus de consultation.

«Il y en a eu un. Et basé sur ce processus-là et les résultats, dans l’intérêt public, et sur la question de la sécurité, j’ai décidé que c’était acceptable de bâtir ce deuxième aérodrome qui est à 20 kilomètres de l’ancien aérodrome», a fait valoir le ministre mardi.

Les opposants au projet remettent cependant en question l’impartialité de ce processus de consultation fait par les promoteurs du projet.

Le promoteur du projet, Yvan Albert, estime pour sa part que le terrain sur lequel il souhaite construire et déménager l’ancien aéroport de Mascouche n’est pas la «forêt enchantée» que décrivent les opposants.

«Évidemment, il y a des milieux humides, mais on a aussi choisi un terrain qui est voisin d’un site qui traite les terres contaminées, d’un dépôt à neiges usées, des étangs aérés pour les égouts de Mascouche et de Terrebonne, on est à côté d’une usine de béton», fait valoir le président de la corporation de l’aéroport de Mascouche.

M. Albert défend aussi la vitalité économique de l’aéroport de Mascouche qui, avant sa fermeture, a déjà compté 150 employés, dont la moitié à temps plein, ainsi que trois écoles de pilotage.

«Alors, un aérodrome à Mascouche pour remplacer celui de l’aéroport de Mascouche, c’est essentiel. On va se réintégrer au sein du réseau national des aéroports au Canada et c’est principalement les raisons pour lesquelles on défend notre projet», soutient-il.

 

 

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