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Pénurie de psychologues sur la Côte-Nord

Agence QMI

Même après deux affichages, la Commission scolaire de l'Estuaire, sur la Côte-Nord, n'arrive toujours pas à combler un poste de psychologue. L'organisme n'a pas d'autre choix que de se tourner vers le privé en attendant de dénicher la perle rare.

La Commission scolaire compte l'équivalent de quatre psychologues et demi. Mais dernièrement, un de ses spécialistes a démissionné ce qui a chamboulé le processus. Aucun candidat n'a répondu à l'appel malgré deux affichages de poste.

Pour ne pas interrompre le service, la Commission scolaire vient d'accorder un contrat de 25 000 $ à quatre psychologues qui ont déjà été sous contrat avec la commission scolaire.

«Soit qu’ils sont à notre emploi ou qu’ils l’ont déjà été et sont prêts à prendre des portions de tâche. Quatre individus nous permettraient de finir l’année au moins, avant de rouvrir ce poste-là ou de prendre des décisions à savoir si on rouvre ce poste-là. Il faut faire des évaluations pour baisser la liste d’attente», a expliqué Alain Ouellet, directeur général de la Commission.

Présentement, la liste d'attente contient 156 noms de jeunes qui attendent une évaluation, ce qui représente environ 4 % de la clientèle totale de la Commission scolaire.

Avoir de la difficulté à recruter des psychologues n'est pas exceptionnel selon Alain Ouellet.

«Le recrutement est difficile parce qu’en région, on se les arrache entre le milieu de la santé, nous autres et le privé. Il y a quelques années, il y avait même une attraction salariale au niveau de la santé qu’on n’était pas capable [d’accoter]. Ce n’est plus vrai depuis deux ans, mais la difficulté de recrutement demeure.»

La situation inquiète l'Ordre des psychologues du Québec. Les tâches des psychologues en éducation sont surtout reliées à l'évaluation, ce qui peut en rebuter certains.

«Il [le psychologue] ne fait que de l’évaluation, et il le fait souvent dans plusieurs écoles à la fois. Ce qui fait qu’il se promène beaucoup. C’est un rôle extrêmement restrictif par rapport à ce qu’on attend d’un psychologue bien formé», a soutenu Christine Grou, présidente de l’Ordre des psychologues.

À la Commission scolaire de l'Estuaire, il y a un psychologue pour environ 800 élèves, ce qui est suffisant selon les normes.