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Concert au Club Soda

Quand Charlotte Cardin devient rock

Caroline Vigeant

 - Agence QMI

Dario Ayala / Agence QMI

Depuis qu’elle a lancé son microalbum numérique «Big Boy» l'été dernier, Charlotte Cardin a laissé courir le bruit d'un album à paraître quelque part en 2017. Si jeudi n'était pas le moment choisi pour le dévoiler, le public réuni au Club Soda a néanmoins eu un avant-goût considérable.

On avait lu que le tour de chant mettait de l’avant deux ou trois chansons inédites aux côtés de reprises judicieusement choisies. Mais ici, c'est une enfilade de pas moins de huit nouveaux titres qui se sont greffés aux six de l’EP. Parions d’ailleurs que le nouveau venu débarquera à temps pour les deux spectacles prévus au Métropolis durant le Festival de jazz cet été. À suivre...

Accueil de star

Emboîtant le pas au comédien Aliocha Schneider, en tournée avec elle depuis un an et qui lui a chauffé les planches pendant une 40 minutes, l’auteure-compositrice-interprète a reçu un accueil réservé aux stars avec des clameurs et des «Je t’aime» en rafale.

«Il y a un an, on ouvrait pour Émilie & Ogden, et là on joue notre show sold out», a-t-elle dit incapable de retenir un «J'capote» avant d’amorcer la douce «Les échardes».

Très à l’aise sur scène - comment en être autrement pour le mannequin qui arpente les passerelles depuis l’âge de 15 ans –, l'ancienne protégée de Marie-Mai s’est façonné son propre style électro-pop depuis son passage à «La Voix» en 2013.

Assez lent jusque-là, à la Portishead, elle a augmenté la cadence de quelques crans sur «Blackened Eyes» et «Paradise Motion», deux nouveautés qui sortent les griffes et flirtent allègrement avec le rock. On aime et la foule aussi.

Un duo de tournée

Aliocha est revenu sous les projecteurs pour partager avec elle «Why», un air country inspiré de leur tournée ensemble sur la route.

Charlotte passe du piano jazzy à la guitare sans effort, bien que celui-ci - dit-elle - lui donne plus de fil à retordre.

N’empêche que c'est sa voix son principal instrument, soûl, et tout velours sur «Big Boy», plus revêche sur «Like it Doesn’t Hurt», mais toujours riche et bien modulé. À ce titre, l'enrobage sonore, assez minimaliste avec deux musiciens (batterie et guitare), s'est avéré efficace pour en faire ressortir la complexité. Chapeau à sa version de «Wicked Game» de Chris Isaak, qui lui allait comme un gant tellement elle sied à son registre.