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La SQ avait refusé d’enquêter sur les fuites de l'écoute électronique de Michel Arseanult

Éric Yvan Lemay | Agence QMI 

La Sûreté du Québec avait décidé de ne pas donner suite à une plainte sur les fuites dans les médias de l’écoute électronique de Michel Arsenault en 2011. Ce n’est que deux ans plus tard qu’elle a décidé d’enquêter lorsque ce dernier a écrit au ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron.

Plusieurs informations troublantes ont été révélées vendredi avec la levée de l’interdit de publication concernant les mandats qui ont été obtenus par la SQ pour obtenir les registres d’appels des journalistes André Cédilot et Denis Lessard de La Presse.

On y apprend qu’en décembre 2011, l’avocat de la FTQ, Me André Ryan, a porté plainte après un appel placé sur la boîte vocale par la journaliste Marie-Maude Denis de l’émission Enquête concernant des informations provenant de l’écoute électronique. Quatre mois plus tard, la SQ a décidé qu’il n’y aurait pas d’enquête et que le dossier était fermé.

Ce n’est qu’en septembre 2013, après la publication de nouvelles révélations, qu’Arsenault a écrit au ministre Bergeron pour exiger une enquête. La SQ a alors obtenu des mandats pour connaître les numéros de plusieurs journalistes.

Soutirer des noms de sources

Parmi les autres révélations contenues dans les documents rendus publics vendredi, on apprend que des inspecteurs de la SQ ont tenté de soutirer des noms de sources, notamment auprès de Marie-Maude Denis.

Il faut dire que l’opération Diligence menée par la SQ sur l’infiltration du crime organisé dans l’économie légale a fait l’objet de plusieurs reportages à partir de 2009.

C’est durant l’Opération Diligence que l’ancien président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) a été placé sous écoute de septembre 2008 à septembre 2009. Il n’a toutefois pas été accusé au terme de l’enquête.

Or, plusieurs conversations ont coulé dans les médias. Ces écoutes ont également servi dans le cadre de la commission Charbonneau.

Immunité diplomatique

Les policiers ont fait état de tensions concernant l’écoute électronique sur Arsenault. Ils s’inquiétaient par rapport aux appels que ce dernier faisait à des politiciens ou d’autres hauts dirigeants. Dans les documents libérés vendredi, on apprend que ces conversations faisaient l’objet d’une attention particulière. «Les conversations avec les élus avaient été restreintes sous le principe de l’immunité diplomatique, des cartables avaient été montés et les conversations étaient classées par nom de dignitaires», a mentionné un inspecteur de la Sûreté du Québec.

La haute direction de la SQ était informée des conversations les plus délicates sur une base quotidienne et un compte-rendu était fait à l’inspecteur-chef, François Roux.

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