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L’ombre de Trump plane sur le budget Morneau

Dominique La Haye | Agence QMI

Le gouvernement Trudeau a déposé un budget sous le signe de la prudence, retenant son souffle en attendant de voir si certaines promesses fiscales inquiétantes de l’administration Trump aux États-Unis verront le jour.

Le deuxième opus du ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, contraste avec celui de l’an dernier, où de grandes dépenses dans les infrastructures et pour les familles avaient été annoncées. Cette fois-ci, pas de grands éclats, pas de grandes annonces.

Sans grandes surprises, le budget 2017 est écrit à l’encre rouge avec un déficit de 28,5 milliards $ pour cette année, incluant un coussin de 3 milliards $ pour parer aux imprévus. Il ne comprend pas de plan de retour à l’équilibre budgétaire à l’horizon.

Le ministre Morneau fait plutôt valoir que le gouvernement met l’accent sur la réduction du poids de la dette par rapport au PIB d’ici la fin de son mandat. «Nous voulons être responsables avec chaque investissement. Nous savons que c’est très important d’avoir une économie qui fonctionne bien et ça veut dire que c’est nécessaire d’avoir un niveau de dette et PIB qui est en train de diminuer», a-t-il soutenu.

Le grand argentier du pays garde le cap sur certaines grandes orientations, avec un peu d’argent neuf en ce qui a trait à la formation de la main-d’œuvre et à l’innovation.

Les nouvelles dépenses sont toutefois minces. Elles prévoient notamment la création d’une nouvelle prestation de 15 semaines d’assurance-emploi pour les aidants naturels et jusqu’à 40 000 nouvelles places subventionnées en garderie sur trois ans.

Le gouvernement confirme la création d’une banque d’infrastructures de 35 milliards $ qui servira à financer des projets d’infrastructure cette année. Il ne précise cependant pas où aura lieu le siège social que convoitent Montréal, Toronto et Calgary.

Si le ministre Morneau martèle que son budget vise à améliorer le sort de la classe moyenne, il prévoit aussi certaines mesures visant à aller chercher de nouveaux revenus dans les poches des contribuables. Le crédit d’impôt pour les usagers du transport en commun sera éliminé et le prix du tabac et de l’alcool sera légèrement haussé à compter de demain.

Incertitude causée par Trump

Selon les experts, le budget Morneau en est un inachevé en raison de l’incertitude entourant l’administration Trump qui souhaite notamment réduire le taux d’imposition des entreprises.

«C’est un budget passif dans la mesure où il faut attendre d’avoir des idées claires par rapport à la politique fiscale américaine», indique l’économiste en chef de la Banque Laurentienne, Sébastien Lavoie.

«Personne ne peut avoir la prétention, pas même le ministre des Finances Bill Morneau, de savoir si ces mesures seront bonnes ou moins bonnes pour l’économie canadienne», poursuit-il.