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Mort de Daphné Boudreault : qu’auraient dû faire les policiers?

TVA Nouvelles

«Il va falloir qu’il me tue pour que la police fasse quelque chose.» C’est ce qu’avait confié Daphné Boudreault 18 ans, avant d’être tuée, possiblement par son ex, mercredi.

Pourquoi les policiers de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent, n’ont-ils rien fait pour protéger la jeune femme, malgré son appel à l’aide?

Selon des informations obtenues des témoins par TVA Nouvelles, des policiers auraient même suggéré à la jeune femme qu’elle pouvait aller chercher ses affaires chez son ex, Anthony Pratte, mais sans les policiers afin de ne pas nuire à la réputation de l’homme.

Alors que Daphné Boudreault aurait appelé en panique, en tremblant de tous ses membres, les agents qui se sont présentés sur les lieux lui auraient simplement conseillé de mieux déneiger sa plaque d’immatriculation qui était camouflée par la neige.

«À première vue, mais sans connaître tous les détails, c’est troublant comme information. Il y avait quatre patrouilleurs impliqués là-dedans. Comment quatre policiers ont-ils pu en venir à la conclusion de ne pas intervenir, je me l’explique mal», croit Jean-François Brochu, ancien sergent de la Sûreté du Québec.

Qu’auraient dû faire les agents de la paix lors de la l’appel de détresse? Ils auraient d’abord dû placer la jeune femme en sécurité et prendre sa déposition.

«Il aurait fallu s’asseoir avec madame, l’amener dans un bureau, prendre son histoire du début. Ce sont des histoires de violence conjugale qu’on a déjà vues. On ne sort pas ça de la boîte de pop-corn. Il aurait fallu prendre sa version, et documenter tout ça, il aurait fallu rencontrer monsieur et prendre sa version aussi, de façon volontaire si c’est possible. S’il y a des motifs d’arrestation, on l’arrête, on l’amène à des enquêteurs et on fait enquête. Pourquoi ça ne s’est pas fait? La femme aurait-elle dit quelque chose aux policiers? Parce qu’il faut toujours la collaboration de la victime pour lancer une enquête. Avec ce que l’on sait ce matin, c’est troublant», précise M. Brochu.

De confier l’enquête au BEI, a été une très bonne décision selon l’expert en affaires policières.

«C’est tout à fait approprié, parce que les faits allégués ici sont extrêmement graves et méritent d’être enquêtés», conclu M. Brochu sur les ondes du Québec Matin.

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