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Trudeau accuse Québec de jouer un «jeu» politique

Agence QMI

Justin Trudeau accuse la classe politique québécoise de jouer un «jeu» en s’insurgeant de l’absence, dans le budget fédéral, de mesures concrètes pour le Québec.

Ottawa et Québec sont à couteaux tirés. De leur côté, les élus à l’Assemblée nationale ont exprimé à la quasi-unanimité, jeudi, leur «très grande déception» par rapport au budget fédéral déposé la veille.

Ils déplorent surtout l’absence d’engagements fermes pour les trois principaux projets en transports en commun dans la province, soit le Réseau électrique métropolitain, le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal et le Service rapide par bus à Québec.

Justin Trudeau a répliqué lors d’un point de presse à Toronto en matinée, en laissant entendre qu’un engagement trop précis du fédéral envers ces trois projets aurait peut-être été mal perçu au Québec.

«Si j’avais dit exactement comment [les projets] allaient se faire, ils auraient dit:’ah mon Dieu, non non, ce n’est pas à vous de décider ça, c’est à nous de le faire’», a dit Justin Trudeau.

«Je comprends le jeu qui se joue», a-t-il ajouté, sourire en coin.

La sortie des élus provinciaux a provoqué l’étonnement le plus complet dans les rangs libéraux à Ottawa.

Plusieurs ministres du gouvernement Trudeau ont d’ailleurs défilé devant les caméras au Parlement canadien, jeudi, pour se porter à la défense de leur budget.

En coulisse, on souligne que le fédéral attend toujours que les projets finaux pour le prolongement de la ligne bleue à Montréal et le SRB à Québec lui soient soumis.

Le dossier du REM, lui, a été présenté aux fonctionnaires fédéraux il y a moins d’un mois, a expliqué une source gouvernementale. L’analyse est en cours, mais n’est toujours pas terminée, a-t-on précisé.

La ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, a d’ailleurs invité Québec à «continuer de faire ses devoirs».

Le premier ministre a aussi souligné qu’il est faux de prétendre que les grands projets de transports québécois ont été oubliés.

Il rappelle que le deuxième budget libéral prévoit une enveloppe de 20 milliards $ pour financer des projets d’infrastructures en transports en commun à l’échelle du pays, au cours des 11 prochaines années.

Mais le premier ministre Philippe Couillard s’inquiète de devoir choisir entre l’un des trois gros projets.

«Ça ne me rassure pas si ce que ça veut dire c’est: choisissez-en un, puis les deux autres, oubliez-les. Ça, ce n’est pas clair», a déploré M. Couillard, en marge d’un point de presse à Lachute.

«Ce que j’ai un peu entendu, ce matin, et peut-être que j’ai mal compris : c’est que les trois projets sont bien, mais il faut que le Québec en choisisse un... Non, non, non! On veut les trois projets, puis on veut Ottawa dans les trois projets», a continué M. Couillard.

Avec la collaboration de Marc-André Gagnon

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