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«Les Québécois n’ont de leçon à recevoir de personne»

Le chef du Parti québécois a dénoncé haut et fort le procès qui est fait aux Québécois sur la xénophobie et l’islamophobie.

Jean-François Lisée a soulevé le débat entourant la création d’une commission de consultation sur la question du racisme systémique, lors d’un point de presse tenu ce matin.

«Il n’y a pas de racisme systémique au Québec, pas plus ici, qu’en Ontario ou qu’ailleurs, nous sommes une société pacifique et fondamentalement tolérante», insiste Luc Lavoie, chroniqueur politique à l’émission «La Joute».

Sans nier que la province n’est pas exempte de racisme, il souligne que le phénomène est présent partout dans le monde. «C’est très primaire comme réflexe. Mais grosso modo, si on compare la société québécoise à ce que l’on trouve aux États-Unis, ou même dans l’Ouest canadien, mais à l’égard des autochtones, et bien, la société québécoise n’a pas de leçon à recevoir de quiconque là-dessus.»

«Si [le gouvernement] se lance dans une commission sur le racisme systémique au Québec, là, j’embarque pas», martèle Luc Lavoie.

Pourtant, la nouvelle de la mise sur pied d’un comité-conseil de 14 personnes chargé de conseiller le gouvernement Couillard quant à la consultation sur le racisme systémique est passée quasiment inaperçue.

Bouchard-Taylor prise 2?

«Le racisme érigé en système? Come on! Oui, il y en a du racisme au Québec, et oui, il faut combattre les racistes», lance le coanalyste à «La Joute» Bernard Drainville. Mais de là à dire que le Québec est une société où le racisme a été érigé en système, je trouve ça épouvantable», ajoute-t-il, en se demandant ce qu’une telle consultation pourra apporter dans le débat actuel.

«Est-ce que ça va être Bouchard-Taylor numéro 2, cette histoire-là, s’interroge-t-il. Faisant référence à un récent sondage CROP, M. Drainville se questionne : les Québécois ou les Canadiens verraient l’immigration comme une menace à la pureté? Qui utilise un mot comme la pureté dans votre entourage ou dans le débat public? Personne n’utilise ce mot dans le débat sur l’immigration.»

L’ancien député et ministre péquiste critique cette façon d’aborder le débat qui vise à nous «convaincre qu’on serait un peuple un peu xénophobe, raciste, un peu fermé à la différence, alors que ça fait 400 ans qu’on accueille des gens de partout dans le monde. Je suis tanné, écoeuré de cette espèce de matraquage où on essaie de dire aux Québécois, sentez-vous coupable.»

Son coanalyste se dit tout aussi exaspéré de constater qu’un message comme celui-là circule toujours. «Moi, Luc Lavoie, descendant des premiers colons français des deux côtés de ma famille, pure laine comme on ne peut pas imaginer, moi et ma gang, on serait plus raciste que les autres? On va prendre une petite pause, on va prendre une gorgée d’eau et on va passer à autre chose», conclut-il.

Voyez dans la vidéo ci-dessus un extrait de l’émission «La Joute».

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