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Uber: la fin du projet pilote demandée

Camille Gaïor | Agence QMI

L'industrie du taxi et le Parti québécois demandent la fin du projet pilote d'Uber, constatant que plusieurs chauffeurs contreviennent aux exigences de celui-ci.

«Uber, de façon régulière et constante, est en infraction de son projet pilote. Alors qu’a fait le M. Lessard là-dessus? Rien du tout», a lancé Jean-François Lisée, chef du Parti québécois, lundi matin.

Selon le Bureau du taxi de Montréal (BTM), 41 % des chauffeurs Uber contrôlés depuis le 20 décembre étaient en infraction, pour un total de 197 infractions. À titre de comparaison, du 1er janvier à lundi, 258 infractions commises par des taxis avaient été signalées au BTM.

«L’entente prévoyait sa résiliation immédiate sans préavis s’il y avait une seule infraction, là on est loin du compte», a ajouté M. Lisée. «Et pendant ce temps, la valeur des permis de taxi continue à chuter.»

200 millions $ perdus en six mois

En six mois, la valeur des permis aurait perdu 30 % de sa valeur, passant de 150 000 $ à 100 000 $, «ce qui équivaut à une perte de 200 millions $ pour les 10 000 travailleurs, de taxi», a indiqué Georges Tannous, président du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT). «Le gouvernement du Québec doit nous compenser rapidement et mettre fin au projet pilote.»

Banques réticentes

La perte de valeur des permis a aussi des impacts sur les prêts octroyés aux chauffeurs de taxi.

«Quand le solde du prêt est supérieur à la valeur du permis, on ne peut pas avancer de l’argent», souligne Denis Bernier, de la Caisse Desjardins Cité-du-Nord de Montréal, spécifiant que plusieurs chauffeurs s'étaient vu refuser des avances pour l’achat de nouveaux véhicules par exemple. «Dans les 40 dernières années, ce n’était jamais arrivé", a précisé M. Bernier.

Selon la CPCDIT, une des institutions financières serait même sur le point de se retirer du marché des permis de taxi serait devenu «trop risqué».

Des cas isolés, dit Uber

Uber a précisé que les amendes ne concernaient qu’une «infime minorité» de ses chauffeurs, la très vaste majorité respectant la règlementation du gouvernement.

Au cabinet du ministre Lessard, on précise que ces infractions commises par des chauffeurs relèvent d’une responsabilité individuelle et non de la volonté d’Uber. Quant au remboursement pour la perte de la valeur des permis de taxi, le gouvernement souhaite attendre les recommandations du comité de modernisation de l'industrie du transport par taxi.

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