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Brexit: il n'y aura «pas de rabais britannique», prévient Berlin

Agence France Presse

L'Union européenne n'accordera «pas de rabais britannique» en négociant les modalités du Brexit, a averti jeudi le chef de la diplomatie allemande, allusion à la contribution réduite au budget européen arrachée par Margaret Thatcher.

«Les négociations ne seront certainement pas faciles pour les deux parties», a estimé Sigmar Gabriel, également vice-chancelier social-démocrate dans un débat organisé au Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand, au lendemain du déclenchement du retrait britannique de l'UE.

Pour lui, les 27 États membres restant dans l'UE seront fermes. Ils chercheront à préserver les intérêts sociaux et économiques de leurs citoyens et des institutions européennes. «Sur tout cela, il n'y a pas de rabais britannique», a-t-il lancé, allusion à une concession historique obtenue en son temps à Bruxelles par le Royaume-Uni.

Margaret Thatcher, alors première ministre britannique, avait âprement négocié en 1984 une contribution restreinte du Royaume-Uni au budget européen, justifiée par les moindres bénéfices que tire le pays de la politique agricole commune. La France avait tenté en 2003 de la faire supprimer, en vain.

«I want my money back» («Je veux récupérer mon argent»), avait lancé la Dame de fer dans une phrase restée emblématique des relations tumultueuses entre le Royaume-Uni et ses partenaires européens.

«Si importantes que soient les relations économiques: il faut d'abord garantir le statut juridique et les intérêts des citoyennes et citoyens d'Europe en Grande-Bretagne», a ajouté M. Gabriel face aux députés, dans la droite ligne des propos mercredi sur le sujet de la chancelière Angela Merkel.

Mme Merkel avait jugé que les discussions sur les futures relations entre le Royaume-Uni et l'UE ne pourraient être menées qu'une fois celles achevées sur les conditions du Brexit, rejetant la demande de discussions menées en parallèle formulée par la première ministre britannique Theresa May.

Outre cette question de calendrier, cruciale pour des pourparlers aussi inédits qu'épineux, la dirigeante allemande avait aussi insisté sur le sort des Européens vivant au Royaume-Uni, souhaitant que «les conséquences pour leur vie quotidienne soient aussi réduites que possible».

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