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Journée d’accueil festive pour les nouveaux immigrants

Pierre-Paul Biron

 - Agence QMI

Quelques centaines d’immigrants, pour la plupart arrivés à Québec au cours de la dernière année, ont été reçus par l’administration municipale samedi au Centre Vidéotron, où les élus se sont engagés à faciliter leur accès à des emplois de qualité.

La situation de l’emploi pour les nouveaux arrivants faisait jaser samedi au cours de la Journée annuelle d’accueil et d’intégration de la Ville de Québec. À discuter avec ces immigrants venus des quatre coins de la planète, on comprend vite que leur salut passe par l’emploi.

«Arriver ici avec des diplômes universitaires et se faire dire que tout ce qu’on peut t’offrir, comme poste, c’est secrétaire ou adjointe administrative, c’est dur à avaler», racontait une dame qui, venue du Maroc avec son mari, a dû attendre six mois avant qu’on lui donne sa chance.

Assurer la reconnaissance

Même si quelques belles histoires d’intégration ont été racontées pendant la journée de samedi, on comprend rapidement qu’il y a encore beaucoup de travail à faire. Régis Labeaume a d’ailleurs salué l’implication du gouvernement provincial dans ce dossier important pour les 3000 immigrants qu’accueille annuellement sa ville.

«Plusieurs [ont] de la difficulté à faire reconnaître [leurs] diplômes, et on le sait. Le maire de Québec n’y peut pas grand-chose, mais le premier ministre a décidé de serrer la vis aux organisations professionnelles pour qu’elles assouplissent les règles le plus rapidement possible», a rappelé le maire aux gens réunis dans le hall du Centre Vidéotron.

Et au-delà de la reconnaissance de la formation par le gouvernement, une part de responsabilité revient également aux employeurs dans ce dossier. Un peu partout à travers la foule de la grande fête de samedi, des nouveaux arrivants disaient avoir été acceptés au pays en raison de leur expertise, mais n’avoir jamais réussi à convaincre les entreprises de leur donner une chance.

Compréhension des compétences

Au fait de cette réalité, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, a promis des changements. «Il faut simplifier la reconnaissance des compétences. On va centraliser cet aspect-là pour faciliter la qualification et s’assurer que les employeurs pourront facilement comprendre la personne devant eux», a souligné le ministre responsable de la Capitale-Nationale. Des sommes ont d’ailleurs déjà été prévues, dans le dernier budget, pour accélérer l’accès à l’emploi.

Une activité encore plus importante après l’attentat

La Journée annuelle d’accueil des nouveaux arrivants de la Ville de Québec, samedi, revêtait une importance particulière, deux mois à peine après la tuerie de la mosquée de Sainte-Foy.

Le maire Régis Labeaume n’y est pas allé par quatre chemins dans son discours devant les quelques centaines d’immigrants réunis au Centre Vidéotron, samedi. «Il y a eu une tragédie à Québec, mais nous allons nous en remettre», a affirmé le maire d’entrée de jeu, rappelant à ces nouveaux arrivants qu’ils demeuraient malgré tout en sécurité. «Québec est probablement la ville la plus sécuritaire au monde, encore aujourd’hui.»

Présent lors de l’activité, le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec s’est réjoui de voir autant de gens profiter de cet accueil qui n’a aucunement été entaché par les tristes événements du 29 janvier, selon lui.

Accueil touchant

«C’est plaisant de voir le politique parler de vivre ensemble et rappeler que Québec est une belle ville où l’on peut cheminer. Je me réjouis aussi de voir qu’on nous dit qu’on a besoin de nous. C’est rare que ça se dise, mais aujourd’hui on le dit et c’est tant mieux», a confié Boufeldja Benabdallah.

Contact constant

Pour la suite des choses, le maire a rappelé être en contact constant avec la communauté musulmane pour s’assurer de faire le maximum pour les aider à traverser cette épreuve.