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Mauricie

Le coauteur du code de vie d'Hérouxville André Drouin est décédé

Amélie St-Yves | Agence QMI

André Drouin, le père du controversé code de vie de la petite municipalité d’Hérouxville, en Mauricie, est décédé dimanche soir du cancer. Il était âgé de 70 ans.

Sa famille accueille difficilement son départ et préfère vivre son deuil loin des caméras, a fait savoir sa conjointe, Luce Rivard. Sans préciser la nature de son cancer, elle a confirmé que la maladie a progressé rapidement.

Pas plus tard qu’au mois de janvier, André Drouin paraissait sur plusieurs tribunes en Mauricie pour parler des dix ans du code de vie d’Hérouxville.

«Je ne changerais pas un iota. Y'a pas un mot qui changerait», avait-il déclaré à Radio-Canada.

Accommodements raisonnables

Le code de vie d’Hérouxville avait été adopté en janvier 2007, pendant la crise sur les accommodements raisonnables. André Drouin, alors conseiller municipal, en était l’initiateur.

Ce code de vie destiné aux immigrants stipulait entre autres qu’il était interdit de lapider des femmes ou de les brûler vives à Hérouxville, tandis que les communautés ethniques étaient quasi absentes de la municipalité de quelques centaines d’habitants. Cette affaire avait été grandement médiatisée et dénoncée jusqu’en Europe.

L’actuel maire d’Hérouxville, Bernard Thompson, travaillait à ce moment pour le site de la municipalité. Il salue aujourd’hui le combat d’André Drouin en faveur de la laïcité, même si il considère qu’il y a eu plusieurs dérapages. Il a confié lui avoir suggéré à plusieurs reprises de prendre un peu de recul.

«C’était énorme! Les citoyens ont voulu oublier ça et vivre tranquilles. Tout ce qu’il y a eu de tapage médiatique les a fait paraître d’une façon qu’ils n’aimaient pas», soutient le maire.

Face au tollé, le premier ministre de l’époque, Jean Charest, avait lancé une commission de consultation sur les accommodements raisonnables, qui est devenue la commission Bouchard-Taylor.

André Drouin ne s’est jamais considéré comme un homme raciste, mais plutôt comme un ardent défenseur de la laïcité. Selon lui, le multiculturalisme et les différentes religions pouvaient mener la société au chaos.

Document historique

Le code de vie d’Hérouxville est toujours à la municipalité, mais n’a pas de force légale. «La décision a été prise il y a quelques années de l’archiver comme un document historique», a souligné le maire Bernard Thompson.