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Un an après le drame, les parents de Clémence Beaulieu-Patry brisent le silence

Jean-François Guérin | TVA Nouvelles

Le 10 avril 2016, Nathalie Beaulieu et son conjoint Luc Patry perdaient ce qu’ils avaient de plus cher: leur fille unique, Clémence, 20 ans.

«Je me souviens juste que j’ai dit à Luc: ''Comment on va faire pour vivre''?», se rappelle Mme Beaulieu.

La jeune femme terminait son quart de travail dans un supermarché lorsqu’une vague connaissance du secondaire s’est amenée vers elle et l’a poignardée.

À l’aube du premier anniversaire du meurtre, ses parents brisent le silence dans le cadre de l’émission «La parole aux victimes», présentée sur les ondes de TVA.

Luc Patry allait chercher Clémence et avait aperçu le déploiement policier autour du Maxi de l’avenue Papineau lorsqu’on lui a appris la terrible nouvelle. «Sur le coup, je suis tombé par terre. Je me suis relevé et j’ai foncé sur les policiers. J’ai dit: ''Je veux aller voir ma fille''», dit-il.

Cette soirée-là, leur vie a basculé. «Je me suis dit: ''Je vais me réveiller, c’est un cauchemar''», lance Nathalie qui, encore aujourd’hui, vit très difficilement avec les conséquences du crime.

Clémence ne semblait pourtant pas préoccupée lors de son dernier appel téléphonique, vers 17h. Elle leur avait annoncé qu’on lui avait demandé de poursuivre jusqu’à 21h plutôt que 20h, comme c’était prévu à l’origine.

À 20h35, Clémence Beaulieu-Patry était sauvagement attaquée dans la section des vêtements où elle rangeait des articles.

Dans les heures précédentes, son présumé meurtrier, Randy Tshilumba, 19 ans, était venu lui demander si elle voulait sortir avec elle. Elle avait poliment repoussé ses avances, ayant déjà un ami de cœur.

«Son ami me le disait récemment: ''Il [Randy] a tué la plus fine, la plus douce''. S’il lui avait demandé d’être ami, elle l’aurait accueilli», pense Nathalie. Dès l’école primaire, Clémence était médiatrice à l’école et elle envisageait une carrière en relation d’aide.

Nathalie Beaulieu refuse même de nommer le présumé assassin. Elle et son conjoint appréhendent son procès, qui doit débuter en septembre au Palais de justice de Montréal.

«J’ai peur de perdre connaissance en le voyant», dit-elle. Néanmoins, ils seront là tout au long des procédures et espèrent une condamnation à la prison à vie pour meurtre prémédité. «On veut justice pour Clémence. C’est tout ce qu’il nous reste!»

À l’occasion du premier anniversaire du meurtre de Clémence, une commémoration aura lieu lundi soir prochain à l’école Sans-Frontières, où enseignait la mère de Clémence avant le drame.

Une plaque sera dévoilée pour l’occasion. Nathalie Beaulieu et Luc Patry souhaitent qu’un lieu soit nommé dans Rosemont en mémoire de leur fille et des femmes victimes de violence.

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