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Bois d’œuvre : pas de résolution rapide en vue

Christopher Nardi | Le Journal de Montréal

L’ambassadeur canadien aux États-Unis est peu optimiste que l’important conflit sur le bois d’œuvre entre Ottawa et Washington soit bientôt résolu, malgré les nombreuses exhortations du Québec.

«C’est un dossier difficile, vraiment [...] Nous continuons à essayer de trouver une entente avec les États-Unis, mais nous n’accepterons certainement pas une mauvaise entente», a indiqué David MacNaughton jeudi à la sortie d’une rencontre avec le cabinet Trudeau et l’ex-premier ministre Brian Mulroney

«C’est un conflit qui dure depuis longtemps et il y a des positions très fermes des deux côtés de la frontière», a soupiré l’ambassadeur.

Il a tout de même ajouté qu’il avait bon espoir que la relance du marché immobilier des États-Unis ferait réaliser aux Américains l’importance de «bon bois d’œuvre canadien abordable».

Québec exaspéré

L’exaspération de Québec dans ce dossier était palpable jeudi, lorsque le ministre des Forêts a exhorté le gouvernement fédéral à appuyer concrètement l’industrie québécoise du bois d’œuvre face à de nouvelles taxes d’exportation américaines qui pourront entrer en vigueur d’ici la fin du mois.

«À moins de 20 jours de la possible imposition de taxes par le Département du Commerce des États-Unis, le gouvernement fédéral doit se faire rassurant et protéger les 60 000 emplois et 220 municipalités qui dépendent de l'activité forestière au Québec», a lancé le ministre Luc Blanchette par communiqué.

Taxe frontalière peu probable

Or, l’ambassadeur MacNaughton a tout de même tenu à se faire rassurant par rapport à de nouvelles taxes et tarifs frontaliers possibles aux États-Unis.

«Toute taxe à la frontière serait une très mauvaise idée. Mais je ne pense pas que ça va arriver, parce que les effets seraient encore plus négatifs pour les Américains que pour nous [...] Ça va leur coûter des emplois et augmenter le prix des produits, et je ne pense pas qu’ils veulent ça», a analysé l’ambassadeur.

Or, ni lui ni M. Mulroney ne prédisent une négociation facile si le président Donald Trump tient sa promesse de rouvrir l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) pour y porter des modifications.

«Ce seront des négociations extrêmement difficiles [...] Je pense que ce seront plus que de petites modifications au final», a indiqué l’ex-premier ministre.

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