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De l’attaque chimique aux frappes américaines: ce que vous devez savoir

AFP

Rappel des développements depuis l'attaque chimique présumée imputée à l'armée syrienne à la riposte des États-Unis, qui ont lancé leur première opération militaire contre le régime syrien.

- Le 4 avril, un raid aérien frappe Khan Cheikhoun, une petite ville contrôlée par des rebelles et des jihadistes dans la province d'Idleb (nord-ouest). Il fait au moins 86 morts, dont 27 enfants, et plus de 160 blessés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Ce raid est, selon l'OSDH, la deuxième «attaque chimique» la plus meurtrière depuis le début du conflit après celle au gaz sarin qui avait fait plus de 1400 morts dans la banlieue de Damas en 2013.

Selon des médecins sur place, les symptômes relevés sur les patients sont similaires à ceux constatés sur des victimes d'une attaque chimique, notamment avec des pupilles dilatées, des convulsions et de la mousse sortant de la bouche.

- L'opposition accuse le régime de Bachar al-Assad d'avoir perpétré cette attaque, avec des «obus» contenant du «gaz toxique». L'armée dément «catégoriquement» «avoir utilisé toute substance chimique ou toxique».

- L'attaque soulève une vague d'indignation internationale, plusieurs pays occidentaux mettant en cause le régime d'Assad. La Maison-Blanche dénonce un «acte odieux du régime». Le président français François Hollande évoque «la responsabilité» d'Assad dans ce «massacre».

- Le 5 avril, la Russie vole au secours du régime de Damas, le ministère de la Défense affirmant que l'aviation syrienne avait frappé «près de Khan Cheikhoun un grand entrepôt terroriste» qui abritait «un atelier de fabrication de bombes, avec des substances toxiques».

- L'Organisation mondiale de la santé (OMS) précise que certaines victimes présentaient des symptômes évoquant une exposition à une catégorie de produits chimiques «comprenant des agents neurotoxiques». Médecins sans frontières (MSF) évoque «un agent neurotoxique de type gaz sarin».

- «Toutes les preuves que j'ai vues suggèrent que c'était le régime d'Assad (...) utilisant des armes illégales en toute connaissance de cause sur son propre peuple», déclare le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson.

- Le président turc Recep Tayyip Erdogan qualifie Assad d'«assassin» en lui imputant l'attaque.

- Le président américain Donald Trump menace de passer à l'action. «Ces actes odieux par le régime d'Assad ne peuvent pas être tolérés», affirme le président, qui reconnaît que son «attitude vis-à-vis de la Syrie et d'Assad a nettement changé».

 - Le 6 avril, Moscou affirme que Washington ne dispose pas d'information «objective», «fiable» et «réaliste». Vladimir Poutine juge «inacceptable» d'accuser sans preuve le régime.

- Le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem affirme que l'armée «n'a pas utilisé et n'utilisera jamais» des armes chimiques contre son propre peuple, «pas même contre les terroristes».

- L'autopsie en Turquie des corps de trois victimes «établit» un recours à des armes chimiques utilisées par le régime, selon le ministre turc de la Justice.

- Le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman dit être sûr «à 100%» qu'Assad a ordonné directement l'attaque.

- Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson annonce que Washington «envisage une réponse appropriée».

- Dans la nuit de jeudi à vendredi, 59 missiles de croisière Tomahawk sont tirés par deux navires américains en Méditerranée vers la base aérienne d'Al-Chaayrate (centre). M. Trump appelle toutes les «nations civilisées» à oeuvrer pour faire cesser le bain de sang.

- Moscou condamne vivement l'opération et suspend l'accord avec Washington sur la prévention d'incidents aériens.

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