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Guy Mongrain: 40 ans de métier et de passion

Kim Nunès | Agence QMI 

Jocelyn Malette

À 64 ans, Guy Mongrain est dans une forme resplendissante. Son rôle d’époux, de père et de grand-père le comble de bonheur. Même chose pour son poste d’animateur de «La poule aux oeufs d’or», qu’il anime de main de maître depuis des années. Il nous parle de ses bonheurs quotidiens.

Monsieur Mongrain, vous êtes dans une forme splendide. Vous attendiez-vous à aborder la soixantaine avec autant d’aplomb?

J’ai toujours été très actif; j’ai toujours fait du sport. Je joue au hockey depuis l’âge de cinq ans. Encore aujourd’hui, je joue deux fois par semaine, mais dans une ligue récréative de vieux!

Avez-vous su transmettre votre passion du sport à vos garçons?

Oui! Les deux ont fait du ski. Maintenant, ils font de la planche à neige. L’année dernière, ils sont d’ailleurs partis en faire avec un ami dans l’Ouest canadien. Ils veulent repartir bientôt.

Quel âge ont-ils?

Le plus jeune aura 30 ans en mai, et le plus vieux vient d’avoir 33 ans. Je suis aussi grand-père de deux petites-filles, Zoé, cinq ans, et Anaïs, deux ans. Être grand-père est le plus beau job du monde. Je répète souvent que, quand on est parent, on a deux grandes lignes: la compréhension et l’autorité. Dans le feu de l’action, les lignes se mêlent, et on ne prend pas toujours le bon chemin. Par contre, quand on devient grand-père, il n’y a qu’une grande ligne: celle de la compréhension. Quand les filles sont avec moi, je n’ai pas d’horaire ni d’obligation, alors je ne les bouscule pas. Puis, il n’y a que les grands-parents qui peuvent enseigner à leurs petits-enfants qu’une portion de crème glacée, ça entre dans un bol à soupe!

Vous parlez de vos petites-filles avec des étincelles dans les yeux...

Quand on ne sait pas ce que c’est que d’être grand-père, on peut se faire un paquet d’images. Mais une fois qu’on le devient réellement... J’ai pris la première dans mes bras quand elle avait sept heures. Elle avait des mains minuscules, des traits si fins... Disons que le «gagaïsme» vient avec l’usage! Je te dirais que depuis sa naissance, je suis dans ma phase du «oui»! Je dis souvent que ce serait bien d’être grands-parents avant d’être parents, mais ça ne marche pas comme ça.

Ce chapeau que vous portez maintenant vous fait-il réaliser des erreurs que vous avez pu commettre en tant que parent?

Oui, et j’ai d’ailleurs un exemple assez frappant, qui remonte à 1997. On faisait un voyage familial après avoir tourné «Fort Boyard». On est arrivés le 14 juillet à Paris, pendant un gros feu d’artifice. L’un de mes garçons, un grand gars que je croyais sans peur, était craintif. Au lieu de le prendre contre moi et de le rassurer, j’ai été autoritaire. Ç’a été une erreur, et ça m’est toujours resté. Cette fois-là, j’ai appris. Aujourd’hui, j’ai une belle relation avec mes gars. Par contre, je ne crois pas que nos enfants doivent devenir nos amis. Des amis, ils en ont. Moi, je suis leur père.

Quand on observe votre feuille de route, on remarque que tous les projets dans lesquels vous vous êtes investis étaient des projets à long terme. Ça semble être la même chose dans votre vie privée. Est-ce important pour vous d’établir de longues relations?

Je suis un gars loyal. Le 18 juin prochain, ça fera aussi longtemps que j’ai quitté «Salut, bonjour» que j’ai été à la barre de cette émission: 13 ans. Ça fera aussi 40 ans que je fais ce métier-là! Depuis mes débuts, je ne veux pas décevoir les gens qui me confient des mandats. Chaque matin où je me suis levé, je me devais d’être bon. Je me devais de donner le meilleur de moi-même, avec mes défauts et mes qualités. J’ai toujours donné le maximum de ce que je pouvais donner, parce qu’une marque de confiance m’a été prêtée, et j’ai toujours voulu la garder.

Vous la gardez depuis longtemps, cette marque de confiance!

J’ai été chanceux: j’ai été tellement bien entouré et tellement bien épaulé! Les gens n’ont jamais eu peur de me dire ce que je faisais de bon et de moins bon. Je ne suis pas parfait. Quand on me faisait part de mes travers, c’était dur à avaler, mais ça me permettait de devenir meilleur.

La proximité avec le public semble importante pour vous. Je me trompe?

Non, car ça fait partie de mon éducation. Je suis le dernier d’une famille de huit, alors je suis habitué aux grosses gangs. Chez moi, autour de la table, on était 10. Je suis donc habitué à entendre des opinions, des idées et des mentalités différentes depuis mon enfance. Je suis aussi habitué à écouter avant de parler. Mon père me disait qu’on a deux oreilles et une bouche. Alors si notre bouche fonctionne deux fois plus que nos oreilles, on est dans la «chnoutte»! Mes parents étaient des êtres extrêmement recevables qui détestaient la chicane. J’ai été habitué à être sociable. Je n’ai jamais été intimidé par la provenance des gens, leur couleur, leur religion... Rien de tout ça ne m’a jamais dérangé. Je suis comme ma mère: très accueillant. Pour moi, chacun a quelque chose à dire. Puis, dans l’univers dans lequel on vit, ça prend beaucoup plus de mains tendues que de doigts pointés. J’ai été élevé comme ça.

«La poule aux oeufs d’or», que vous animez, permet à des gens de réaliser certains rêves en gagnant une somme d’argent. Et vous, quel est votre plus grand rêve?

Des rêves, je passe mon temps à en réaliser. Le prochain, c’est de me rendre à Moscou et à Saint-Pétersbourg. L’année dernière, je suis allé faire du ski en Europe; j’en rêvais depuis des années. Sinon, depuis une dizaine d’années, je me promène beaucoup en VR. J’ai la chance d’être en bonne santé, et je souhaite que ça continue.

Vous célébrez 40 ans de carrière, mais surtout de passion. Croyez-vous qu’un jour, vous serez capable de «tirer la plogue»?

Si je suis encore là après 40 ans, c’est que ça m’amuse encore. Le jour où ça ne m’amusera plus et que j’irai à reculons, je resterai chez moi.

Guy Mongrain à «La poule aux œufs d’or», mercredi, 19 h 30, à TVA.

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