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Grands rassemblements et guerre de surnom à deux semaines de l'élection

Agence France-Presse

À 14 jours du premier tour de la présidentielle française, la chef de file de l'extrême droite Marine Le Pen a estimé que la France n'était «pas responsable» d'une vaste rafle commise à Paris contre les Juifs en 1942, tandis que d'autres candidats se livrent à une guerre de surnom.

La candidate de l'extrême droite Marine Le Pen a jugé dimanche que la France n'était «pas responsable» de la rafle du Vel d'Hiv en 1942 à Paris, exécutée par les forces de l'ordre françaises et au cours de laquelle plus de 13.000 juifs avaient été arrêtés.

«Je pense que de manière générale, plus généralement d'ailleurs, s'il y a des responsables, c'est ceux qui étaient au pouvoir à l'époque, ce n'est pas LA France», a déclaré la présidente du Front national, interrogée sur la décision du président français Jacques Chirac de reconnaître en juillet 1995 la responsabilité de la France dans la rafle.

La rafle du Vel d'Hiv (surnom du Vélodrome d'Hiver, bâtiment où ont été rassemblés les juifs arrêtés avant d'être déportés) est la plus grande arrestation massive de juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

La déclaration de Mme Le Pen a suscité de vives réactions: du «révisionnisme» pour les représentants des juifs de France. «D'aucuns avaient oublié que Marine Le Pen est la fille de Jean-Marie Le Pen», a réagi le candidat centriste Emmanuel Macron, en référence aux multiples «dérapages» du fondateur du FN sur les juifs et la Shoah. «Elle rejoint son père sur le banc de l'indignité et du négationnisme», a également jugé Christian Estrosi, personnalité des Républicains (droite).

Surnommé par François Fillon «Emmanuel Hollande» qui l'accuse d'être un transfuge du président socialiste sortant, Emmanuel Macron a en retour rebaptisé dimanche le candidat de la droite «François Balkany», en référence à un élu de droite empêtré dans les affaires.

«Je ne suis pas l'héritier de ce quinquennat ou d'un système», s'est défendu l'ancien ministre de l'Économie de François Hollande, dont le mouvement En marche! se veut «ni de gauche ni de droite».

Il a ensuite fait allusion aux scandales qui éclaboussent son rival François Fillon, inculpé pour détournement de fonds publics en l'affublant à son tour d'un surnom peu flatteur.

«Je ne l'appellerai pas "François Balkany" mais il ressemble plus à ça qu'à autre chose aujourd'hui», a-t-il lancé, en référence à Patrick Balkany, député-maire de droite soupçonné d'avoir caché au fisc une propriété à Marrakech et une autre aux Antilles françaises.

«Je ne vous demande pas de m'aimer, je vous demande de me soutenir, parce qu'il y va de l'intérêt de la France», a lancé François Fillon à 25 000 personnes réunies pour un rassemblement à Paris. «Il ne s'agit pas de choisir un copain. Il s'agit de choisir un président, et, à travers lui, le destin que nous voulons ouvrir à la France», a poursuivi l'ancien Premier ministre.

Le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, au coude-à-coude dans les sondages avec François Fillon, en troisième position, a fait observer dimanche à Marseille une minute de silence à des dizaines de milliers de partisans venus assister à son rassemblement, en mémoire des migrants disparus en Méditerranée.

«Ah la bonne mer, comment est-il possible que tu sois devenue ce cimetière où 30 000 ont disparu dans les eaux?» a déclaré le candidat de La France insoumise.

«Écoutez vous autres, écoutez, c'est le silence de la mort», a-t-il ajouté. «Silence!» a imposé M. Mélenchon à une foule jusqu'ici plutôt dissipée.

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