/finance/homepage

Un gain du Québec contre le protectionnisme américain

TVA Nouvelles

Le gouvernement du Québec se réjouit d’avoir réussi à convaincre l’État de New York à ne pas adopter de mesures protectionnistes vendredi dans son budget 2018 contrairement à ce qu’avait proposé le gouverneur Andrew M. Cuomo.

En janvier, dans son document sur l’état de l’État, le gouverneur démocrate avait promis de déposer une législation - New York Buy American Act - afin d’obliger toutes les entités de l’État à «acheter américain» dans les cas d’appels d’offres de plus de 100 000 $ US.

Finalement, vendredi, le gouvernement de l’État de New York s’est entendu sur un budget 2018 qui ne comprend pas de mesures tel que mises de l’avant par le gouverneur au début de l’année.

L’État de New York est le premier partenaire commercial américain du Québec. Annuellement, on comptabilise 9 milliards $ d’échanges commerciaux, dont 6 milliards $ en exportations.

Si cet État avait fermé ses frontières commerciales avec le Canada, les conséquences auraient été graves au nord de la frontière.

«On a fait beaucoup d’échanges, on est allé à plusieurs reprises aux États-Unis, pour nous assurer qu’on comprenait qu’il y avait de part et d’autre un bénéfice», a expliqué la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, en entrevue à TVA Nouvelles, dimanche.

Le président Donald Trump a récemment enjoint les États à «acheter américain et à engager américain». Toutefois, chaque État applique cette directive comme il le veut.

«C’est pour ça que c’est important d’identifier les joueurs principaux, a mentionné Mme Anglade. C’était important pour nous de faire le travail avec l’État de New York.»

Dans ce dossier, le gouvernement québécois a travaillé conjointement avec celui de l’Ontario et des syndicats, dont la FTQ.

«Les syndicats ont un rôle à jouer là-dedans, estime la ministre Anglade. Ils ont été présents également pour essayer de voir de quelle manière on allait démontrer aux États-Unis que c’était bénéfique pour nous et pour eux de ne pas inclure ce Buy American Act.»

La politicienne assure travailler sur d’autres fronts. Elle s’est rendue au Texas, le deuxième partenaire commercial américain de la province, dans les dernières semaines. Son ministère garde aussi un contact avec le Vermont, la Pennsylvanie, le New Jersey et le Massachusetts, des États situés à proximité avec lesquels le milieu d’affaires québécois a des relations.

«On regarde ce qui se passe pour voir de quelle manière on peut tisser des liens encore plus serrés et de démontrer que c’est à leur avantage et à notre avantage qu’il y ait un réel libre-échange entre nos deux pays», a dit Mme Anglade.

Samedi, la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, s’est aussi félicitée du recul de l’État de New York sur la question du Buy American Act, qui planait aussi comme une menace sur sa province.

Mme Wynne, tout comme le gouvernement québécois, considère la décision de l’État de New York comme une victoire due aux efforts de lobbying des derniers mois.

Dans la même catégorie