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Bois d’oeuvre: pas d’aide d’Ottawa pour l’instant

Agence QMI

L’opposition accuse le gouvernement Trudeau de rester les bras croisés alors que l’industrie du bois d’oeuvre est frappée de plein fouet par une hausse vertigineuse des tarifs douaniers à la frontière américaine.

Cette semaine, les États-Unis ont décidé d’imposer une taxe douanière de 20 % - rétroactive jusqu’à 90 jours - sur le bois d’œuvre canadien.

Ottawa l’admet d’emblée: la guerre commerciale qui s’entame entre le Canada et les États-Unis coûtera cher aux entreprises du secteur forestier et entraînera assurément des pertes d’emploi.

«Bien, si on analyse l'histoire des conflits commerciaux sur le bois d’oeuvre, on sait qu’il y aura inévitablement des pertes d’emplois», a reconnu, mardi, le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr.

Au moment où Québec annonçait mardi la création d’un fond d’urgence de 300 millions $ pour aider quelque 200 entreprises touchées par la crise, Ottawa, de son côté, n’annonçait rien de concret pour soulager l’industrie.

Pour l’heure, les libéraux s'en remettent aux programmes d’aide existants, a expliqué le ministre Carr en conférence de presse, flanqué de sa collègue du Revenu national, Diane Lebouthiller.

«Nous sommes prêts à évaluer toutes les possibilités raisonnables», s’est contenté de dire M. Carr.

La réponse du fédéral a fait bondir le chef néodémocrate Thomas Mulcair, qui a accusé les libéraux de Justin Trudeau d’improviser.

«Comment ça se fait qu’ils n’ont rien vu arriver, s’est-il questionné. Le gouvernement n’a rien préparé et voilà qu’on est dans une situation d’urgence aujourd’hui.»

Pour le député conservateur Denis Lebel, la situation actuelle est due au «laxisme» et au «manque de leadership politique» du gouvernement Trudeau.

«La négociation d'un nouvel accord sur le bois d'oeuvre n'a jamais été une priorité pour Justin Trudeau», a-t-il soutenu.

Mardi, le président américain Donald Trump a dit qu’il n’avait pas peur d'une guerre commerciale avec le Canada.

«Les gens ne réalisent pas que le Canada a été très dur avec les États-Unis. (...) Pendant des années, ils ont été plus malins que nos dirigeants», a-t-il déclaré.

«Je suis poli, mais je suis aussi très ferme dans la défense des intérêts du Canada», a répondu le premier ministre Trudeau dans un entretien à la chaîne CTV News.

«Nous allons engager respectueusement, mais fermement un dialogue avec les États-Unis pour leur démontrer la complexité de l'intégration des deux économies frontalières», a-t-il ajouté.

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