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Macron et Le Pen réunis pour l'hommage au policier tué

Agence France-Presse

Les deux finalistes de la présidentielle française, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, se retrouvent côte à côte mardi pour un hommage au policier tué jeudi dans un attentat sur les Champs-Elysées, deux jours avant le premier tour du scrutin.

Après l'attaque survenue le 20 avril sur la célèbre avenue parisienne, les deux candidats avaient réagi de façon diamétralement opposée, le centriste, libéral et pro-européen, appelant les Français à ne pas «céder à la peur» alors que la cheffe de l'extrême droite disait redouter de nouveaux attentats et martelait son programme ultra-sécuritaire.

Le président socialiste François Hollande les a tous deux conviés à une cérémonie prévue mardi à 11h à la préfecture de police, en l'honneur du policier Xavier Jugelé, devenu le 239e mort de la vague d'attentats jihadistes commis en France depuis début 2015.

Le meurtrier, Karim Cheurfi, qui s'est revendiqué du groupe État islamique, l'a tué de deux balles dans la tête sur les Champs-Élysées, blessant aussi deux policiers, dont l'un grièvement, et une touriste allemande, avant d'être abattu.

En réaction, plusieurs candidats dont Mme Le Pen et M. Macron avaient annulé leurs derniers déplacements électoraux et le thème de la lutte antiterroriste avait ressurgi dans la campagne avant un scrutin organisé sous haute sécurité.

«Ne cédez rien à la peur, ne cédez rien à la division, ne cédez rien à l'intimidation», avait exhorté M. Macron. Il a assuré qu'il serait «implacable» pour «protéger» les Français. S'il est élu, il veut doper le renseignement pour lutter contre la radicalisation islamiste et embaucher «10 000 policiers et gendarmes».

Marine Le Pen a fait de la fermeture des frontières son mot d'ordre. Elle prône aussi l'expulsion des étrangers considérés comme une menace potentielle, la déchéance de nationalité des binationaux dangereux, le renforcement des moyens policiers... «Depuis dix ans, tout a été fait pour que nous perdions» la «guerre qui nous est menée», a-t-elle dénoncé.

Ses déclarations lui ont valu les foudres de l'exécutif socialiste français: «Marine Le Pen cherche comme après chaque drame à en profiter pour instrumentaliser et diviser», a déclaré le premier ministre Bernard Cazeneuve. Il avait aussi, comme d'autres, estimé que la fusillade pourrait peser dans les urnes en faveur de la dirigeante du parti Front National.

Le président des États-Unis Donald Trump avait lui-même estimé que l'attaque «aiderait probablement» la candidate «la plus ferme sur les frontières et la plus ferme sur les événements récents en France».

Pourtant, selon les analystes, l'attentat n'a pas fondamentalement influencé le vote. Son effet est resté «extrêmement marginal», «seuls 4% des Français disent qu'il a joué un rôle dans un rôle dans leur vote», a relevé lundi Frédéric Dabi de l'institut IFOP, qui a réalisé une enquête dimanche sur ce thème. Peut-être parce que depuis 2015, les Français ont «intériorisé le contexte de la menace terroriste».

Pour le politologue Pascal Perrineau, la «dramatisation du scrutin provoquée par les attentats» a même pu provoquer un sursaut démocratique, «la participation ayant été meilleure qu'anticipé par les instituts».

Lors du premier tour de la présidentielle française, Emmanuel Macron est arrivé en tête dimanche avec 24,01% des suffrages, Marine Le Pen recueillant elle 21,30%. Le second tour est prévu le 7 mai avec une prise de fonctions du nouveau président courant mai.

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