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Des parents coincés par la majorité de leur enfant

TVA Nouvelles

Capture d'écran TVA Nouvelles

Les parents d'enfants lourdement handicapés ont gagné une bataille importante, l’an dernier, en obtenant que Québec leur verse une aide financière.

Mais le combat est loin d'être terminé, puisque cette bonification cesse lorsque leur enfant arrive à l'âge de 18 ans.

Marie-Pier a 23 ans, mais a l'âge mental d'un enfant d'environ 7 ans. En plus de sa déficience intellectuelle, elle est atteinte d'autisme.

Sa mère, Martine Leboeuf, mère monoparentale de quatre enfants, s'en occupe à temps plein. «Marie-Pier ne peut pas fonctionner toute seule. C'est 24 heures sur 24. Il faut qu'elle soit accompagnée. Marie-Pier ne peut pas traverser la rue, ne peut pas prendre l'autobus toute seule, ne peut pas se lever seule, ne peut pas manger seule. Il faut que ça soit supervisé.»

Depuis que Marie-Pier a atteint l'âge de 18 ans, le soutien financier a considérablement diminué.

«Elle recevait des allocations pour enfant handicapé, plus un supplément, qui montaient à 11 000 dollars par année, détaille Mme Leboeuf. Plus l'allocation pour handicapé, qui était peut-être 5000 dollars par année. Quand Marie-Pierre a eu 18 ans, tout a été enlevé. Il n'y en a plus. Alors, on tombe à zéro. Moi, on me l'a carrément dit: "Ta fille reçoit de l'aide sociale. Vis avec ça."»

En 2016, Québec a bonifié l'aide aux familles d'enfant lourdement handicapé. Mais qu'arrive-t-il lorsque l'enfant atteint l'âge adulte?

«Ne pensons pas que, lorsque l'enfant atteint 18, 20, 21 ans, soudainement, bien, tout se replace et le handicap majeur disparaît, soulève François Paradis, porte-parole de la CAQ en matière de santé. Bien au contraire. L'histoire de Martine est extrêmement touchante! Ce sont des gens qui ont besoin de soutien.»

Avec l'appui du député caquiste François Paradis, Martine et d'autres parents d'enfant handicapé se rendront à Québec, le 11 mai prochain, pour y déposer une pétition pour laquelle ils ont déjà recueilli plus de 6000 signatures.

«Qu'on soit reconnus à la même chose qu'un centre d'accueil ou un CHSLD. C'est ma fille, je l'aime. Et on fusionne bien. Et elle, la placer, bien, c'est sûr que Marie-Pier se laisserait aller», assure sa mère.

La ministre à la Réadaptation, Lucie Charlebois, a indiqué être très sensible à la situation. Reste à voir si le cri du coeur de ces parents trouvera écho à la suite du dépôt de la pétition.

-D’après un reportage d’Elizabeth Laplante