/news/society

La rage de vie derrière la réadaptation

TVA Nouvelles

Imaginez que vous êtes victime d'un grave accident et que vous devenez paraplégique ou tétraplégique.

Par où et par quoi devrez-vous passer pour votre réadaptation?

C'est ce qu'a mis en images le slameur Grand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, en s'inspirant de sa propre histoire.

Le monde de la réadaptation est méconnu. Qu'est-ce qui s'y passe vraiment?

Le Français Fabien Marsaud, mieux connu sous le nom de vedette Grand Corps Malade, connaît bien ce milieu.

«J'ai constaté que la douleur était une bonne source d'inspiration», dit-il.

Le slameur et poète a été victime d’un accident à l'âge de 20 ans. En 1997, il a plongé dans une piscine et sa tête a frappé le fond. Une de ses vertèbres cervicales s'est fracturée. Ses quatre membres étaient paralysés.

«J'étais tétraplégique incomplet, raconte Fabien Marsaud. C'est-à-dire qu'il y avait de la récupération. Et ça, évidemment, on ne sait pas à quoi c'est dû, mais il y a une grosse part de chance, forcément.»

Le film est inspiré du livre qu'il a écrit pour raconter l'année qu'il a passée en centre de réadaptation.

«Sur ce fond très dur, il y a beaucoup d'humour. Beaucoup de rage de vie.»

Il veut briser les tabous, créer des rencontres et susciter des débats.

«Si, dès le plus jeune âge, à chaque fois, dans ta classe, tu avais un paraplégique, un malvoyant, etc., bon bien voilà. Tu grandirais avec ces personnes handicapées. Du coup, ça te paraîtrait normal de les côtoyer», relate Fabien Marsaud.

Grave accident de moto

Michel Themens est aussi passé par la réadaptation. Après un grave accident de moto, il est resté deux mois au centre de réadaptation Gingras-Lindsay de Montréal.

«La moto a bloqué quand elle est arrivée dans le gravier sur le côté, raconte-t-il. Moi, j'ai été comme parachuté. Dans ma tête, je me disais: bon, il faut que je garde espoir. Il faut que je garde espoir.»

Le père de famille de 59 ans était très sportif. Il fait encore des deuils. «J'ai une terre dans le nord. J’y suis retourné une fois parce que je peux pas y aller.»

Des physiothérapeutes et des ergothérapeutes lui ont appris à être autonome. Au centre de réadaptation, ils le font chaque année avec une centaine de blessés médullaires.

Comme de nombreux autres patients, Michel Themens était présent à la rencontre avec Grand Corps Malade au centre de réadaptation Gingras-Lindsay. Le slameur a livré un message d'espoir très apprécié pour ceux et celles, comme Michel, qui doivent apprendre à vivre différemment.

-D’après un reportage d’Harold Gagné