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Emmanuel Macron élu président de la France

Agence France-Presse

Après sa large victoire à la présidentielle, marquée par un score historique de l'extrême droite, le jeune centriste pro-européen Emmanuel Macron, qui doit s'atteler dès lundi à la composition de son futur gouvernement, a reconnu n'avoir pas reçu «un blanc-seing» du peuple français.

«Je me battrai de toutes mes forces contre les divisions qui nous minent», a promis celui qui, à 39 ans, va devenir le plus jeune président de l'histoire de France après avoir remporté 66,06% des voix face à la patronne de l'extrême droite Marine Le Pen (33,94%), selon les résultats quasi-définitifs du ministère de l'Intérieur lundi matin.

Devant des milliers de partisans réunis dans la cour du Louvre à Paris, et aux côtés de son épouse Brigitte émue aux larmes, ce nouveau venu en politique a dit avoir entendu la «colère» de ceux qui ont voté Front National.

Si son élection est «un grand soulagement pour l'Europe», reconnaît le New York Times, le nouveau président français «prend la tête d'une nation profondément divisée, tout commes les États-Unis, la Grande-Bretagne et d'autres grandes démocraties». Et le score de Mme le Pen prouve pour le quotidien américain l'importance «du désespoir de ceux qu'on appelle les oubliés» (en français dans le texte).

À six semaines du second tour des élections législatives (les 11 et 18 juin), l'ancien ministre de l'Économie (2014-2016) du président socialiste sortant François Hollande a appelé les électeurs à lui donner au parlelent «une majorité vraie, forte, de changement».

Disqualifiés à l'issue du premier tour -une première dans l'histoire politique d'après-guerre-, les deux grands partis traditionnels de gauche (Parti socialiste) et de droite (Les Républicains) ont commencé à se mettre en ordre de marche pour prendre leur revanche.

Le chef de la France insoumise (gauche radicale), Jean-Luc Mélenchon (19,58% des suffrages au premier tour), a aussi appelé les Français à se «fédérer» pour les législatives pour s'opposer au «nouveau monarque présidentiel».

Selon un sondage Kantar Sofres-OnePoint, En Marche!, le mouvement de M. Macron, recueillerait entre 24% et 26% des intentions de vote aux législatives, devant Les Républicains (22%), le Front national (21-22%), la France insoumise (13%-15%) et le PS (8-9%).

Des chantiers majeurs attendent désormais le nouveau président français: endiguer un chômage endémique (10%), faire face à une forte menace terroriste et relancer une Europe affaiblie.

Sévèrement battue, sa rivale, qui a mené une campagne agressive contre l'immigration, l'euro, la mondialisation et l'Union européenne, s'est cependant félicitée du résultat «historique et massif» de son parti.

Celle qui s'est présentée comme «la candidate du peuple» misait sur la même vague qui a porté Donald Trump à la Maison Blanche et conduit la Grande-Bretagne à voter pour la sortie de l'Union européenne, mais elle n'a pas réussi son pari.

La victoire d'Emmanuel Macron a été saluée par plusieurs dirigeants européens, inquiets de la poussée des nationalistes en Europe, dont la chancelière allemande Angela Merkel, la Britannique Theresa May ou le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Le président américain Donald Trump lui a aussi adressé sur Twitter ses félicitations «pour sa grande victoire d'aujourd'hui».

Épilogue d'une campagne marquée par de multiples rebondissements, l'élection de celui qui se définit comme «progressiste», «à droite et à gauche», a été saluée par des coups de klaxons sur les Champs-Elysées, mais aussi par des huées de sympathisants de Marine Le Pen.

Paris, la chic et cosmopolite capitale française, a voté Macron à presque 90%, à l'image d'un scrutin qui a révélé des fractures profondes entre gagnants et perdants de la mondialisation.

Entre l'abstention (25,38%) et les votes blancs et nuls (un peu plus de 4 millions), plus d'un Français sur trois a en fait refusé de choisir dimanche entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, un niveau record.

M. Macron va maintenant devoir trouver une majorité pour gouverner et mettre en oeuvre son programme: vaste réforme du droit du travail, réduction des dépenses publiques, renforcement du couple franco-allemand.

Marine Le Pen, elle, a promis «une recomposition politique de grande ampleur autour du clivage entre les patriotes et les mondialistes».

Le jeune centriste s'était lancé dans la campagne présidentielle avec son mouvement «En marche!», créé il y a un an à peine sur le thème du renouvellement politique, avec une ligne pro-européenne et un programme libéral, tant en économie que sur les questions de société. Son credo: «Une France ouverte dans une Europe qui protège».

Ancien banquier, M. Macron avait démissionné en août 2016 du gouvernement socialiste pour se présenter à l'élection suprême.

Il devient le plus jeune président de l'Histoire de France, devant Louis-Napoléon Bonaparte (40 ans en 1848), et il sera également l'un des chefs d'État les plus jeunes au monde.

Il obtient un mandat de cinq ans à la tête d'une des grandes puissances mondiales, détentrice de l'arme nucléaire, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et moteur de l'Union européenne.

La victoire de ce fils de médecins au physique de jeune premier, yeux bleus et coupe sage, issu des écoles de l'élite française, clôt une campagne électorale riche en coups de théâtre, sous le signe des affaires.

M. Macron retrouvera lundi le président socialiste sortant François Hollande pour commémorer la capitulation allemande du 8 mai 1945. La passation de pouvoir est prévue au plus tard dimanche.

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