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Macron ou Le Pen, la France élit son nouveau président

Thibauld Malterre | Agence France-PResse

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Les Français choisissent dimanche leur prochain président, avec une participation en forte baisse, au terme d'une campagne électorale tendue entre Emmanuel Macron, un jeune centriste pro-européen inconnu il y a encore peu, et la patronne de l'extrême droite Marine Le Pen.

En fin d'après-midi, la participation au scrutin, niché au coeur d'un week-end de trois jours, atteignait 65,30%, un chiffre en forte baisse tant par rapport au taux à la même heure du premier tour le 23 avril (69,42%), que par rapport à celui au second tour de la précédente élection présidentielle de 2012 (71,96%).

Arrivé en tête au premier tour, Emmanuel Macron, 39 ans, ancien banquier d'affaires et ex-ministre de l'Économie du président sortant François Hollande, est donné largement favori par les sondages qui le créditent de 61,5 à 63% des voix, contre 37 à 38,5% pour sa rivale Marine Le Pen, 48 ans. Celle-ci table sur la vague populiste qui a provoqué la sortie de l'UE du Royaume-Uni et la victoire de Donald Trump aux États-Unis pour imposer l'extrême droite dans le paysage politique.

«Aujourd'hui, c'est la France qui est en jeu», a déclaré Bernadette, 73 ans, venue dès l'ouverture de son bureau de vote à Marseille (sud-est), soulagée d'en finir avec une campagne «assommante». Pour la Parisienne Marie Piot, 32 ans, «le monde nous attend. Après le Brexit et Trump, c'est un peu comme si nous étions le dernier bastion des Lumières».

Les deux prétendants assurent incarner le renouvellement du paysage politique, après un premier tour marqué par l'élimination des deux grands partis traditionnels, la gauche (Parti socialiste) et la droite (Les Républicains), pour la première fois depuis 60 ans.

M. Macron défend le libre-échange et veut approfondir l'intégration européenne, Marine Le Pen dénonce la «mondialisation sauvage» et l'immigration et souhaite un «protectionnisme intelligent».

L'entre-deux-tours a été marqué par des ralliements de tous bords à M. Macron (24,01% des suffrages au premier tour le 23 avril), pour faire barrage à Mme Le Pen (21,30%).

Pour la deuxième fois en quinze ans, l'extrême droite, qui n'a cessé d'engranger des voix aux élections intermédiaires, accède au second tour de la présidentielle. Mais contrairement à 2002, la mobilisation populaire contre l'extrême droite a été très faible. Et dans les rangs de la gauche radicale, certains refusent de «choisir entre la peste et le choléra», en prônant l'abstention, évaluée entre 26% et 27% selon des estimations des instituts de sondage (22,23% au premier tour, 19,65% au second tour en 2012).

Les deux candidats ont voté en fin de matinée dans le nord de la France, M. Macron dans la station balnéaire du Touquet et Mme Le Pen dans son fief ouvrier d'Hénin-Beaumont.

La campagne de l'entre-deux-tours s'est achevée vendredi sur un nouveau soubresaut, avec la diffusion dans les réseaux sociaux de plusieurs dizaines de milliers de documents internes de l'équipe de M. Macron, abondamment relayée par l'extrême droite sur Twitter. Une opération aussitôt qualifiée de «déstabilisation» par le candidat centriste. La justice a ouvert une enquête pour «accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données» et «atteinte au secret des correspondances».

La Commission nationale de contrôle de la campagne a demandé aux médias de ne pas publier le contenu des documents, «obtenus frauduleusement» et auxquels ont pu être «mêlées de fausses informations».

Les deux dernières semaines ont été particulièrement âpres, avec pour point culminant le débat télévisé de mercredi soir qui a viré au pugilat verbal. La prestation de Mme Le Pen avait été sévèrement critiquée, y compris au sein de son propre camp.

Emmanuel Macron, qui deviendrait le plus jeune président de la République s'il était élu, a confié vendredi avoir déjà choisi le futur chef de son gouvernement, sans toutefois le nommer.

Le prochain Premier ministre sera chargé de mener la campagne des législatives des 11 et 18 juin, avec l'objectif de donner une majorité au nouveau chef de l'État.

Le vainqueur du scrutin a déjà été invité par le président Hollande - qui a renoncé à se représenter en raison de sa très forte impopularité- à participer à ses côtés lundi aux cérémonies de commémoration de la capitulation allemande en 1945.

Environ 47,5 millions de Français étaient appelés à voter jusqu'à 20h (à Paris et dans certaines autres grandes villes), sous haute sécurité, plus de 50 000 policiers, gendarmes et militaires étant déployés pour la circonstance.

La France, qui vit depuis 2015 sous le régime de l'état d'urgence, a peut-être échappé à un nouvel attentat islamiste, avec l'arrestation dans la nuit de jeudi à vendredi d'un ancien militaire de 34 ans, converti à l'islam et ayant fait allégeance au groupe jihadiste État islamique (EI). Il a été interpellé à proximité d'une base militaire à Évreux, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Paris, avec des armes cachées à proximité.

Le 20 avril, trois jours avant le premier tour de la présidentielle, un policier avait été tué en plein centre de la capitale, sur l'avenue des Champs-Élysées. L'attaque avait été revendiquée par l'EI, à l'origine de la plupart des attentats qui ont fait 239 morts en France depuis janvier 2015.

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