/finance/homepage

La Caisse de dépôt et placement désavoue Pierre Beaudoin

L'assemblée annuelle de Bombardier

PHILIPPE-OLIVIER CONTANT/AGENCE QMI

La Caisse de dépôt et placement du Québec désavoue Bombardier. L’investisseur a avisé lundi l’entreprise aéronautique qu’il n’appuierait pas la réélection du président exécutif du conseil d’administration, Pierre Beaudoin, et voterait contre la hausse de salaire vertigineuse des six autres grands patrons de Bombardier.

Si Alain Bellemare, le PDG de l’entreprise, a «tout» l’appui de la Caisse, il en va autrement pour M. Beaudoin, prédécesseur de M. Bellemare et membre de la famille Beaudoin-Bombardier.

La Caisse s’oppose catégoriquement à la hausse de rémunération annoncée et n’appuie pas le renouvellement du mandat de M. Beaudoin.

Pour assurer la réussite de ce fleuron québécois, il est essentiel d’«améliorer la qualité de la gouvernance de la société», écrit la première vice-présidente de la Caisse dans une lettre envoyée à Bombardier inc.

«La composition, la gestion et la direction du conseil d’administration de Bombardier doivent absolument s’améliorer afin que la société livre les résultats attendus de son plan» de relance, poursuit Kim Thomassin.

Les salaires critiqués

La Caisse pointe directement du doigt la décision du conseil d’approuver des hausses de rémunération de 48 % pour sept de ses plus hauts dirigeants, une décision qui a été partiellement annulée et reportée à plus tard en raison du tollé suscité dans la population québécoise.

Un sondage du «Journal» avait même révélé que 93 % des Québécois s’opposaient à la hausse de rémunération des grands patrons de Bombardier.

Le désaveu de la Caisse est un symbole fort, dans le contexte où Québec a versé 3,3 milliards$ pour éviter la faillite de Bombardier.

La famille du fondateur détient aujourd’hui moins de la moitié des actions de l’entreprise, mais elle continue de contrôler l’entreprise grâce à ses actions multivotantes, qui lui donnent 53,23% des droits de vote.

Rappelons que la Caisse se prononce sur une «résolution consultative non contraignante» sur l’approche de l’entreprise en matière de rémunération des membres de la haute direction. L’an dernier, elle avait été appuyée par 96% des actionnaires.

Dans la même catégorie