/news/society

«La catastrophe nous unit, mais la reconstruction nous isole» - Gilles Vachon

TVA Nouvelles

Après plusieurs semaines à se battre pour sauver leur maison, les résidents aux prises avec les inondations entreront dans une phase plus difficile mentalement dans les semaines et mois à venir, prévient le psychologue Gilles Vachon.

«[Les inondations] sont un événement social. On est passé d’un événement social où on était tous ensemble à la solitude. C’est pour ça que je dis: "la catastrophe nous unit, mais la reconstruction nous isole"», explique-t-il.

«Adrénaline» et «hormones de combat», les sinistrés en ont déployées au cours de cette période critique.

Avec le soutien de la famille et le renfort des Forces armées canadiennes, nombreux travaillaient corps et âme pour sauver leur résidence. Lorsque la période de reconstruction va s’entamer et que tous vont rentrer chez eux pour constater les dégâts, le stress psychologique va frapper les sinistrés.

«Le jour où tout le monde va repartir chez soi, que l’armée va quitter et que les journalistes ne seront plus là, [les sinistrés se diront] ce n’est pas glamour de nous aider. On se retrouve seul dans le sous-sol et on constate les dommages et l’ouvrage à faire. C’est là que le backlash, l’épuisement s’installe, mentionne M. Vachon.

Un marathon

M. Vachon fait un parallèle entre l'épreuve subie par les résidents touchés par les inondations et la course à pied.

«Vous venez de courir 42 km et vous arrivez au fil d’arrivée. Si vous n’aviez pas vu le fil d’arrivée, vous seriez peut-être capable de courir un autre kilomètre. Allez donc savoir. Vous venez de vous arrêter et vous êtes assis et on vous dit que le fil d’arrivée se situe à un kilomètre plus loin. Se relever et repartir c’est hors de question», a-t-il comparé.

Détecter les signaux de détresse

Les proches des sinistrés auront la tâche «incommensurable» de surveiller l’état d’esprit des membres de leur famille touchés par les inondations.

«Certains vont chercher des coupables ou blâmer les gens dès qu’on tombe dans le négativisme. Il faut demander de l’aide, parce qu’il y a de l’aide offerte sur le terrain», poursuit le renommé psychologue.

Le conseil adressé aux proches des sinistrés par M. Vachon est de les épauler pour la reconstruction.

Dans la même catégorie