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L'ex-patron de la division des affaires internes au SPVM se déresponsabilise

Catherine Montambeault | Agence QMI

L’ex-patron de la division des affaires internes au SPVM s’est distancé des décisions prises par ses enquêteurs dans «l’affaire Lagacé» lorsqu’il a livré un témoignage parsemé de trous de mémoire et de réponses évasives devant la commission Chamberland, mardi.

Costa Labos, qui supervisait les enquêtes menées par Normand Borduas et Iad Hanna, a notamment affirmé que ses enquêteurs n’avaient pas à obtenir son autorisation pour déployer des techniques d’enquête, à moins que celles-ci impliquent des coûts importants.

«Les enquêteurs ont l'autonomie qu'il faut pour mener leurs enquêtes, qu'il s'agisse d'un mandat de registre ou d’une autre technique, a déclaré l’inspecteur-chef. [...] J'ai été enquêteur moi-même pendant plusieurs années, et c'est vous qui connaissez votre enquête et qui savez quelles sont les techniques possibles ou de quels mandats vous allez avoir besoin pour votre dossier.»

Pas le mot final

Ce n’est donc pas M. Labos qui aurait eu le mot final dans la décision d’épier le chroniqueur Patrick Lagacé.

Me Charles Levasseur, avocat en chef adjoint de la Commission, a demandé à l’inspecteur-chef s’il était au courant, à l’époque, que Normand Borduas avait l’intention de demander une autorisation judiciaire pour obtenir les registres téléphoniques de M. Lagacé. Une question à laquelle Costa Labos s’est contenté de répondre qu’il était «possible qu’il l’ait mentionné, que c’était une démarche d’enquête qu’il allait entreprendre dans son dossier».

«Je suis complètement d’accord pour dire que c’est une démarche d’enquête, mais êtes-vous d’accord pour dire que de cibler un journaliste, de demander les registres téléphoniques d’un journaliste en particulier, ce n’est pas quelque chose que les affaires internes font tous les jours ?», a demandé Me Levasseur.

«Ça ne ciblait pas un journaliste, c’était une allégation concernant un policier, qui avait possiblement transmis de l’information à un journaliste», a rectifié M. Labos, en admettant que l’écoute électronique d’un tiers n’avait suscité aucune discussion au sein de sa division.

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