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Costa Labos victime d’un nouveau trou de mémoire

Catherine Montambeault | Agence QMI

L’ex-cadre du SPVM Costa Labos a été victime d’un important trou de mémoire devant la commission Chamberland au moment de dire s’il avait assisté ou non à la fameuse rencontre lors de laquelle un haut gradé du SPVM avait affirmé vouloir «briser la culture du coulage».

Lors de cette réunion d’avril 2016, l'assistant directeur Mario Guérin, membre de l'état-major dirigé par Philippe Pichet, s'était adressé à une cinquantaine de hauts gradés du SPVM en promettant d’identifier les policiers qui parlaient aux journalistes. La rencontre avait ensuite été rapportée par TVA Nouvelles en novembre 2016.

Évènement «spectaculaire»

Le juge Jacques Chamberland, qui préside la Commission, a donc semblé étonné de voir l’inspecteur-chef Costa Labos incapable de mentionner s’il était présent ou non à cette réunion fortement médiatisée.

«Étiez-vous ou n’étiez-vous pas à la réunion qui a été éventuellement rapportée par les médias?» s’est impatienté le juge Chamberland après que Costa Labos ait répondu de façon plutôt évasive à plusieurs questions de Me Christian Leblanc, avocat de la plupart des médias à la Commission, à ce sujet.

«Je ne me souviens pas, votre Honneur», a répondu en anglais l’ex-patron de la division des affaires internes au SPVM.

«Ça s’est retrouvé dans les médias, [...] c’était assez spectaculaire, a insisté le juge. Donc si vous étiez là, je suppose que vous vous en souviendriez, et si vous n’y étiez pas, vous vous souviendriez que vous n’étiez pas là...»

«Je ne me rappelle pas si j’étais là», a répété le témoin, ajoutant plus tard qu’il n’avait jamais entendu Mario Guérin parler d’une quelconque chasse aux sources journalistiques.

Enquête inhabituelle

Costa Labos a également révélé mercredi qu’au moins une enquête sur les fuites journalistiques n’avait pas été confiée à division des affaires internes du SPVM.

L’enquête disciplinaire baptisée F8, qui concernait des fuites au sujet du grabuge à Montréal-Nord, a plutôt été menée par Mario Guérin et d’autres cadres. Un policier des affaires internes s’est toutefois joint à eux pour les assister.

«Est-ce que ça vous inquiète, est-ce que vous pensez que c’est dangereux, que des cadres enquêtent sur leurs propres policiers [...]?» a questionné Me Christian Leblanc.

«Si vous me demandez si c’est inhabituel, la réponse est oui. [...] Depuis que je suis là, je pense que c’est l’une des premières fois où ça se produit, et je dis ça de mémoire bien sûr», a fini par répondre Costa Labos, toujours en anglais, sans jamais indiquer si cette situation l’alarmait.

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