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L'avocat de Bertrand Charest démolit le travail de la Couronne

TVA Nouvelles et Agence QMI

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L'avocat de Bertrand Charest, ex-entraîneur de ski accusé d'avoir agressé sexuellement de jeunes femmes, a démoli le travail de la Couronne dans sa plaidoirie finale.

Revenant sur chacun des 57 chefs d'accusation, Me Antonio Cabral remet en question les faits, les dates et les propos des témoins.

Dans le document écrit de 162 pages qu'il a fait parvenir à la cour, il démonte un à un les chefs demandant à ce que son client soit acquitté ou encore que la cour prononce un non-lieu.

On affirme que certaines dates ne concordent pas, que des témoignages sont trop imprécis, que les victimes étaient adultes au moment des faits ou encore qu'il n'y avait plus de lien d'autorité.

La défense affirme que la Couronne n'a pas été en mesure de prouver les faits. «La preuve soumise a plutôt permis d’établir le type de caractère de Bertrand Charest plutôt que de soutenir la théorie de la cause», écrit-on.

Elle croit que les victimes qui sont venues témoigner voulaient s'en prendre personnellement à l'accusé. L'avocat évoque un «sentiment de vengeance» des victimes envers Bertrand Charest.

«La plupart des présumées victimes sont venues décrire de manière négative le caractère de l’accusé. [...] En effet, plusieurs présumées victimes n’ont pas pu pointer du doigt des infractions à caractère sexuel qu’elles auraient subies», peut-on lire.

En 2015, le coach déchu a été accusé d’agression sexuelle et de contacts sexuels alors qu’il se trouvait en position d’autorité à l’égard de 12 jeunes skieuses. Les nombreux faits reprochés à l’accusé remontent aux années 1990.

Une «preuve forte»

De son côté, la Couronne estime que la preuve établie contre l’accusé démontre sa culpabilité hors de tout doute. «La qualité du témoignage des plaignantes et des témoins est indéniable, peut-on lire dans le document d’une quarantaine de pages. La preuve est forte [...], elle n’a d’aucune manière été contredite par la défense.»

Les documents vidéo présentés à la Cour ont de plus donné un «accès privilégié» aux présumés agissements de M. Charest. «Les propos, les actions de l’accusé, mais également l’ambiance malsaine et inappropriée des comportements [...] y sont clairs», assure la Couronne.

Les procureures Caroline Lafleur et Marie-Nathalie Tremblay proposent que l’accusé soit reconnu coupable de toutes les infractions, pour chacune des plaignantes.

Jugement en juin

Après trois semaines de procès devant le juge Sylvain Lépine de la Cour du Québec, la preuve a été conclue le 22 mars dernier. Le juge rendra son verdict le 22 juin au palais de justice de Saint-Jérôme.

Le magistrat avait demandé aux avocats de la Couronne et de la défense de lui remettre leurs arguments finaux par écrit pour gagner du temps au terme d’un procès d’un mois qui a débuté fin février au cours duquel l’accusé n’a pas témoigné.

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