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«On a le couteau sur la gorge»

 - Agence QMI

Plus de 1500 travailleurs de la construction sont descendus dans les rues, jeudi avant-midi, dans l’est de Montréal, pour exiger de meilleures conditions de travail et défendre la conciliation travail-famille.

«J’ai une famille. J’ai trois enfants et mes fins de semaines, c’est avec eux que je veux les passer», a dit Jean Marion, un travailleur de la construction de 35 ans.

Celui qui travaille comme poseur de système intérieur admet que ce n’est pas de gaieté de cœur qu’il fait la grève. «Ça me met dans la marde, c’est sûr. J’ai une famille à faire vivre. Je participe à la grève pour assurer l’avenir de notre profession», a-t-il ajouté.

Actuellement, pas moins de 175 000 travailleurs de la construction sont en grève illimitée. La grève a été déclenchée mercredi matin et déjà, le gouvernement du Québec laisse planer l’adoption d’une loi spéciale, possiblement lundi, pour dénouer l’impasse et forcer le retour au travail des employés.

«On a carrément le couteau sur la gorge, a déploré Mario Sinno, représentant de la FTQ-Construction. Plus le temps passe, moins on est respectés. On dit souvent que le Québec va bien quand la construction va bien. Mais actuellement, rien n’est fait pour que ça aille bien.»

Selon le représentant syndical, le gouvernement ne «devrait pas se mêler de ça» et laisser avancer les négociations sans menacer d’adopter une loi spéciale.

 

Pour Gérard Paquette, un travailleur de la construction d’expérience, c’est la jeune génération qui risque de payer le prix si «on se plie aux demandes des patrons sans rien dire».

«Si on est pour faire des sacrifices, il faut qu’ils en fassent eux aussi», a indiqué M. Paquette.

Les centaines de travailleurs en grève s’étaient rassemblés devant les bureaux de L'Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) en milieu d’avant-midi. Ils ont ensuite marché jusqu’aux locaux de l’Association de la construction du Québec (ACQ), sur le boulevard Métropolitain Est.

Bien que très bruyants, les manifestants ont marché de façon pacifique et aucun incident disgracieux n’a été rapporté.

Les travailleurs de la construction avaient fourni leur itinéraire aux policiers qui encadraient la manifestation.

L’Alliance syndicale de la construction a aussi invité ses membres, ainsi que leurs familles, à se rassembler pour des marches qui devaient se dérouler simultanément à Québec, Sherbrooke, Rimouski, Chicoutimi, Sept-Îles, Paspébiac et Cap-Aux-Meules.

Intimidations sur les chantiers

Même si ces manifestations restent pacifiques, la PCHQ se préoccupe de nombreux cas d'intimidations sur des chantiers. Sur Facebook, certains grévistes proposent leur aide pour vider des chantiers toujours ouverts.

«On dit qu'on a le droit de travailler, mais on se fait intimider... Moi j'ai 13 maisons à livrer pour le 1er juillet», explique un entrepreneur de la région de Montréal.

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