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Manifestation tendue devant l'Assemblée nationale

Nicolas Lachance | Agence QMI

Des milliers de travailleurs de la construction se sont réunis lundi devant l’Assemblée nationale pour manifester contre la loi spéciale du gouvernement qui devrait mettre un terme à leur grève et forcer leur retour sur les chantiers.

La colère était palpable devant le Parlement, alors qu’à l’intérieur les députés débattaient sur l’adoption d’une loi spéciale qui forcerait le retour au travail des 175 000 travailleurs et travailleuses de la construction qui sont en grève depuis cinq jours.

Après un blitz de négociation, l’Alliance syndicale a annoncé dimanche soir qu’elle rejetait toutes les offres finales qui lui ont été soumises par les différents secteurs du milieu de la construction.

L’achoppement des négociations a mené à cette loi spéciale.

«Je ne pense pas que c’est le gouvernement aujourd’hui qui a déposé une loi, je pense que c’est le conseil du patronat», a mentionné Michel Trépanier, le porte-parole de l'Alliance syndicale de la construction, demandant au premier ministre Philippe Couillard «de prendre soin de ses travailleurs de la construction».

Loi contestée

Selon les travailleurs, la dernière proposition s’attaquait encore à la conciliation travail-famille et les offres salariales étaient toujours insuffisantes.

Pour les manifestants, la loi spéciale est un affront à leur droit de grève. Ils réclament que les négociations se poursuivent.

Bernard «Rambo» Gauthier est de ceux qui ne digèrent pas le dépôt de la loi spéciale. Ce dernier compte bien la contester devant les tribunaux. «Une loi spéciale, voyons, y’a personne en danger de mort icitte. Si on n’arrête pas de reculer, ce sont nos enfants et nos petits enfants qui vont payer (...) On a toujours les genoux à terre. Sa crisse de loi spéciale, il peut se la fourrer dans le cul», a pesté le syndicaliste. L’homme a été chaudement acclamé par les travailleurs.

Le directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, a indiqué que les travailleurs de la construction et leurs familles se mobiliseront pour faire tomber le gouvernement Couillard lors des prochaines élections.

«Il va savoir comment ça coûte construire le Québec. La bataille n’est pas finie», a-t-il mentionné au micro.

Vive tension

À la fin de la manifestation, quelques centaines de travailleurs ont bloqué une entrée du Parlement. L’unité antiémeute de la Sûreté du Québec s’est alors dressée devant les mécontents. La tension a rapidement grimpé et les insultes ont fusé. Durant de longues minutes, les policiers et manifestants qui scandaient des slogans se sont regardés dans le blanc des yeux.

Les chefs syndicaux ont d’ailleurs dû intervenir et demander à leurs membres de rester calmes «malgré la frustration».

«Il ne faut pas alimenter, il ne faut pas qu’il y ait de provocation de part et d’autre. On a fait un appel à l’ordre parce qu’on est extrêmement fier de la façon dont ils se sont comportés. On a encore le droit de manifester au Québec», a indiqué Michel Trépanier de l’Alliance syndicale.

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