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Un père, ayant dénoncé son fils qui planifiait de tuer des élèves, met les parents en garde

Le père qui a dénoncé son fils de 14 ans, coupable d’avoir voulu tuer et violer des élèves de son école, affirme que tous les parents devraient mieux surveiller le Facebook de leurs enfants.

En septembre dernier, ce père de Saint-Hyacinthe, dont on doit taire l’identité pour protéger celle de son fils, a pris connaissance d’une conversation qu’avaient eue sur Facebook son fils et un camarade d’école. Les deux jeunes planifiaient de tuer et violer des élèves de la polyvalente Hyacinthe-Delorme.

Il a alors contacté l’école pour dénoncer les écrits des deux jeunes et obtenir l’aide qu’il réclamait depuis un an pour son fils aux prises avec un trouble de déficit d’attention.

L’école a par la suite contacté les policiers. Son fils est aujourd’hui en centre jeunesse et a été condamné vendredi dernier à y rester encore quatre mois.

Le père de famille est content d’avoir peut-être évité une tragédie en dénonçant son fils, mais il ne pensait jamais que celui-ci serait enfermé pour ça.

«Je ne voulais pas qu’il ait une page Facebook et j’avais raison de me méfier. Les parents ne vérifient pas assez souvent le Facebook de leurs enfants. Ils ont accès à tout, là-dessus, dont de la pornographie. Je viens d’ailleurs de tout changer mon système informatique, afin d’avoir un meilleur contrôle sur chacun des appareils. Les parents doivent allumer, ça n’existait pas dans notre temps et ça peut apporter beaucoup de malheur et des poursuites», s’est exprimé le père de l’adolescent.

Peine et frustration

Plus de huit mois après l’arrestation de l’adolescent, le père ne cautionne toujours pas ce que son fils a écrit. Il savait qu’il devait agir, que les garçons avaient besoin d’aide. Mais il ne pensait jamais que son fils se retrouverait dans un centre fermé pendant huit mois, puis finalement dans un centre ouvert pendant quatre mois. À son retour à la maison, l’adolescent aura 15 ans.

«Quand j’ai vu la conversation, je savais que je devais le dire à l’école. J’ai essayé de faire quelque chose de socialement bon, de donner un exemple aux autres, mais je n’ai jamais voulu enfermer mon fils. Mon fils est malade, ça faisait un an que je demandais de l’aide à l’école. Les gens diront ce qu’ils veulent, mais un ado atteint d’un TDAH ne pense pas aux conséquences de ses actions», s’est exclamé le père.

L’homme confirme qu’il n’aurait jamais pu effacer les messages et n’en parler à personne. «Je suis trop honnête pour ça. J’ai des défauts, mais pas celui-là. Je suis désolé pour les victimes, mais aussi pour mon fils», a dit le père, ému.

Mort

Depuis l’arrestation de son garçon, la santé du père dépérit. Son manque de sommeil, son anxiété et son stress le mènent quotidiennement. Il se sent coupable de la souffrance que son fils éprouve.

«Le 14 septembre 2016, j’ai tué mon fils. C’est ça que j’ai fait. J’ai tué la personne que j’aimais le plus sur la terre. Mon fils et l’autre adolescent avaient besoin d’aide. J’ai aussi de la peine pour les victimes. Je suis très fier d’avoir empêché que quelqu’un soit touché par ça», a lancé le père de l’adolescent de 14 ans.

Le sexagénaire est encore aujourd’hui très amer concernant la façon dont le dossier des deux adolescents a été traité.

«Mon fils est sorti de l’école avec les mains menottées dans le dos, alors que, lors de la fouille, il n'avait absolument rien dans son casier. Est-ce qu'il y avait une autre façon de procéder? Je pense que oui», a raconté le paternel.