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L’ex-patron de la SQ a pris seul la décision d’enquêter sur les fuites

Hugo Duchaine | Agence QMI

L’ex-patron de la Sûreté du Québec, Mario Laprise, a assuré jeudi que l’enquête menant à l’espionnage des registres téléphoniques de six journalistes était déjà entamée avant qu’il n’apprenne que le président de la FTQ Michel Arsenault s’était plaint au ministre de la Sécurité publique en 2013.

«Ça devenait inacceptable, quand on a toutes les raisons de croire que les sources [policières] des journalistes ont commis des crimes ou que des journalistes eux-mêmes l’ont fait», a déclaré Mario Laprise, jeudi, devant la Commission Chamberland sur la protection des sources journalistiques.

En septembre 2013, des journalistes ont obtenu des extraits de l’écoute électronique visant M. Arsenault par la Sûreté du Québec en 2009 lors du projet Diligence. «Par expérience, pour moi, c’est un délit», a dit M. Laprise.

L’ex-patron a indiqué que même si l’enquête a été annoncée le 10 septembre 2013, elle était déjà en cours depuis au moins cinq jours selon lui, lorsqu’il l’a confiée à la Division des normes professionnelles.

«Digne du KGB»

Pour sa part, l’ex-président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Michel Arsenault, a comparé les fuites dans les médias coulées par des policiers de la SQ à des tactiques [du dictateur] Mussolini et du KGB.

«C’était indigne d’une société de droits [...] Je n’en croyais pas mes oreilles qu’on ait transmis ces écoutes électroniques», a-t-il raconté à la Commission.

M. Arsenault, qui n’a été accusé de rien, y a vu une violation de sa vie privée.

Après une première plainte à la SQ en 2011 qui n’avait pas abouti, il a écrit en 2013 au ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, après une deuxième fuite. Il réclamait une enquête pour trouver d’où venaient les fuites dans les médias.